mardi 22 mai 2012
vendredi 18 mai 2012
vendredi 17 février 2012
mardi 7 février 2012
Antoni Tàpies est mort. Qu'il fasse de beaux rêves.
De beaux rêves ai-je écrit en titre ? Évidemment cette œuvre, exposée dans l'entrée du Musée d'Art Contemporain de Barcelone, n'évoque pas que de jolies images. Le lit de fer blanc, les rets de métal sombres, sommiers aux mailles serrées tendus sur nos rêves, la couverture, grise, râpée, les petits sommiers d'enfant qui glissent avec les oreillers, il s'agit d'un monde carcéral, clinique, il y a de la maladie, de la folie. 1, 2, 3. Et l'échappée.
vendredi 3 février 2012
Prière à une inconnue (travail en cours)
"Mais c'est toi. C'est toi qui surgis, ce beau matin, c'est toi, tu jubiles, tes bras en croix, ton sac à main Lancel se balance au bout de ta main droite, et j'ai soudain le corps qui exulte, je suis là j'existe j'existe c'est bon la vie. Je suis un avec mon corps, et ce n'est même plus une idée je suis complet, je pèse mon poids sur ce monde parce que tu es là. Tu viens de casser ton talon, juste devant moi. Je m'approche, j'écarte mes cheveux et ça se confirme, c'est toi, c'est bien toi. Ce bonheur, que j'appelle bonheur par souci de communication, mais qui est bien plénitude, momentanée, qui est unité, identité, est peut-être dans la certitude de se trouver sous la protection d'une force vitale, éveillée, amicale, et qui m'appelle doucement, Aïe ! Tu t'es tordue la cheville, mademoiselle ? Je. Bonjour, je suis Arthur. Et tu m'appelles doucement, Arthur, je crois que tu me veux, tu vas me traîner jusque chez toi, tu me prends les lèvres et mes mains collent à ton dos, enfin je te respire, dans ton lit je te fais l'amour, il faut expérimenter les corps, la peau des autres, je touche. Je serre. Je caresse et je griffe, je goûte. Je hume. Je serre fort, je plaque sur moi ton corps. Et c'est comme si mes boyaux trouvaient enfin leur place, le poids du corps de l'autre me calme, mes tripes enfin ne cherchent plus la sortie, ni mon cervelet, l'autre à ma surface me circonscrit, et, me limitant, m'individualise, me met au monde. Et toi, ce beau matin de pleine lumière tu viens à moi. J'étais à tes pieds, dans mon vomi, je me suis redressé, tu as eu un sourire penaud. Je souffle un bon coup. Mademoiselle je peux vous aider. Mademoiselle. Ta présence. Ta présence me touche comme une main. La jeune femme se tient la cheville, elle est assise sur le trottoir.
Merci Arthur. Est-ce que. Si je vous donne un peu d'argent. Vous voulez bien. Des ballerines, en vente, à côté de l'épicerie. Mes chaussures sont mortes, le talon est brisé net.
Je suis allé à l'épicerie, d'abord. J'avais un peu d'argent alors. Et soif. La bouteille que j'ai achetée j'en avais envie. Une deuxième s'il vous plait. En réserve. Je suis sorti tout content, soulagé, tu vois que c'était rien, t'entendais des voix. Je me suis assis sur le trottoir et j'ai bu. Et la fille s'est levée, pieds nus. Elle s'est mise à marcher dans la rue. J'avais soif. Eh mademoiselle. J'ai bu le vin muet. Elle s'en va, eh mademoiselle. Tu vas où. Non mais reste. Tiens je lâche ma bouteille, je n'y touche plus. Et j'ai beau prier la fille, lui dire qu'elle est mon dieu, qu'elle me donne vie, qu'elle me fait homme, qu'elle me sauve. J'ai beau prier, supplier, pleurer, pour qu'elle reste, qu'elle veille sur moi. Ô mon dieu ne gâche pas cet instant radieux. Ne me prive pas d'elle, pas tout de suite. « Tu es la personne la plus importante au monde ! » Elle tourne la rue, accélère. Oh dieu ne réduis pas cette flamme. Je veux croire en la tendresse. Et le dieu que j'implore, tandis que s'écoule ma bouteille à mes pieds tel un moignon, ce dieu est comme les autres. Il ne répond pas."
vendredi 27 janvier 2012
Sa femme (court travail en cours)
"À l'intérieur d'une femme, regarder à l'intérieur, je crois qu'il y a des enfants dedans, des enfants enfermés qui ne demandent qu'à être libérés, il y a des enfants qui meurent dans le ventre des femmes, qui meurent d'être enfermés, et les femmes ne veulent pas les libérer par pur égoïsme et c'est pour ça qu'il faut à tout prix rentrer dedans, sinon les enfants se vengent en leur bouffant les organes et c'est ça qui brûle dans le ventre et que rien ne peut calmer. J'ai des enfants silencieux dans le ventre, j'en ai. Je vais me focaliser sur ma douleur pour ne plus penser à l'enfant dans mon ventre qu'est pas mon ennemi, qu'est pas mon ennemi, c'est ma douleur. Ma douleur, je me concentre sur ma douleur. Mais comment libérer les gosses. Mon ventre me brûle, mes pieds me brûlent. Je ne marche plus. Je ne marche plus."
mercredi 25 janvier 2012
Sa race (court travail en cours)
"Qui t'es qui t'es comment savoir. T'as déjà fait l'amour ? Oui ? Tu ne ressens pas que ton corps t'échappe quelque fois. C'est physique en même temps quand tu balances ton foutre. Quand tu moules une bonne bouse aussi, c'est comme si tu te débarrassais d'un organe, c'est le pied non. Ce qu'il y a dans ton ventre c'est une question perpétuelle, tu es toujours en lutte avec le ventre, putain, j'adore ce que je suis en train de dire. Le ventre te contrôle et puis toi tu crois que c'est ta tête. Ah c'est bon la baise non. Quand t'as l'impression que ta victime va crever tellement elle gueule sa race".
jeudi 22 décembre 2011
François Beaune n'aime pas Alexandre Petit
(Entrevue réalisée pour le ...491 d'octobre 2011)
Avec son premier roman, Un homme louche, chez Verticales, François Beaune était l'auteur surprise de la rentrée de septembre 2009, et les éloges critiques semblèrent alors atteindre des sommets, puisqu'on l'entendit même comparé à la Nausée de Sartre, à cause de ce brillant concept de sous-réalité. Deux ans après, l'auteur croix-roussien s'est remis de ce tonnerre médiatique auquel il fit fasse, et surtout il s'est remis au travail. Une résidence à Manosque, l'année dernière, lui a permis de terminer ce nouveau roman, Un ange noir, toujours chez Verticales, qui est la confirmation de son talent et, j'en ai l'impression assez vive, la promesse de romans de plus en plus beaux. Le jeune homme annonçait un polar et, oui, s'il fallait classer absolument chaque livre dans une rangée spécialisée, disons qu'il s'agit d'un polar. Les codes propres au genre sont à peu près respectés, puisqu'il y a bel et bien un cadavre, un suspense, et une enquête. Mais le suspens, intelligent et maîtrisé, n'est ici qu'un effet de manche, c'est une « dramaturgie » conçue, nous confie François Beaune, « pour le plaisir de la lecture ». Elisa est morte dans son bain, entourée de dizaines de canards en plastiques, et serrant contre elle un doudou tâché de sang. Le suspect numéro 1, en fuite, s'appelle Alexandre Petit, 37 ans, dont le prénom dit assez bien, je crois, qu'il n'était pas désiré, et c'est lui qui va mener l'enquête. La police écarte très vite l'hypothèse de sa culpabilité, mais, sur sa lancée, lui continue sa cavale. Ce vieux garçon a une personnalité limite, de celles qui pourraient être autrice d’œuvres d'art brut, d'ailleurs c'est lui qui signe la plupart des pages de ce livre. Et tout se lit comme si l'auteur nous donnait à lire le texte de son personnage, le texte d'un homme lettré, écrivain, avec ses tics de langages, mais aussi ses emportements, ses trouvailles, son lyrisme et, je crois, son beau style. Alexandre Petit est xénophobe, méprisant, moralisateur, et idéaliste. Il se nourrit de fruits au sirop subtilisés aux Restos du cœur où il est bénévole et c'est aussi un employé de la Sofres très au courant des statistiques dont l'écriture focalise de plus en plus sur sa mère... Quelques questions à François Beaune.
Le personnage de ce livre est un homme dont on pourrait s'amuser à dire qu'il est louche, à l'instar de Jean-Daniel Dugommier...
Ah peut-être, mais autant le personnage d'un homme louche pourrait être un ami, autant Alexandre Petit est tout ce que je déteste. Ce sont deux figures complémentaires, deux solitudes, avec leurs univers bien à eux et surtout, leurs façons très personnelles d'appréhender le réel. Tandis que l'un observait le monde en cherchant à le comprendre, l'autre, l'ange noir, est idéaliste, et cherche à changer le monde. Il a des délires de pureté, il croit en une nature des choses, que la société ne respecte pas... ce qui fait de la réalité, telle qu'il la perçoit, quelque chose de dégoûtant. Il est dans une frustration permanente, finalement c'est un indigné, mais un indigné tout seul, avec une haine de soi qu'il projette sur tous les autres.
En effet, Alexandre Petit fait partie d'un groupe d'humains, selon ses propres mots, « conçus à perte par la nature », mais que la médecine moderne a réussi à sauver... ce qui donne aujourd'hui une société des « ni faits ni à faire », critique-t-il. Mais dans ses colères, il a le verbe haut et souvent, je trouve qu'il fait mouche, non ?
Oui, il faut bien qu'il ait quelques fulgurances, comme celle qui l'amène à dénoncer la laideur des enseignes bon marché parce qu'il croit que la laideur est calculée pour attirer les pauvres et que le marketing associe la laideur aux prix bas. C'est aussi quelqu'un qui ressemble aux gens de sa génération, il a de beaux diplômes, obtenus brillamment, et il n'est qu'un petit employé de la Sofres. Tant de gens, aujourd'hui, font des métiers sans rapport ni avec leur compétence, ni avec leur désir.
L'écrivain prend-il un certain plaisir à se mettre dans la peau d'un personnage aussi allumé ?
Aucun. J'ai passé un hiver assez pénible, à Manosque, avec lui, un sacerdoce. Pour réussir ce personnage, il me fallait être en empathie avec lui et franchement, l'expérience fut intéressante, mais pas jouissive. Je n'aime pas Alexandre Petit.
Un Ange noir, éd. Verticales, 280 p, 17,90 euros
mardi 20 décembre 2011
Pas d'inquiétude, le livre de Brigitte Giraud, pas politique ?
Je dois avouer que je ne suis entré dans l’œuvre de Brigitte Giraud qu'à petits pas. J'ai rencontré l'autrice lyonnaise avant même de lire une ligne d'elle, pour le boulot, je l'avais trouvée sympathique et j'avais peur de penser du mal de son écriture, je n'aurais pas forcément su faire le faux-cul, par la suite. Je me suis risqué d'abord en 2010 à lire Une année étrangère, surtout parce que j'avais rencontré Brigitte Giraud plusieurs fois à la Croix Rousse, et qu'un jour, peut-être six mois avant la publication de ce roman, elle m'avait dit, enfin, tu sais, ça y est, j'écris, j'ai trouvé deux mois pour m'isoler, ça y est, je vais écrire. Dans ses yeux, dans toute l'expression de son visage, j'avais cru voir de la joie, comme un doute qui s'était enfui. C'était la preuve, pour moi, que Brigitte Giraud n'écrit pas pour amuser la galerie, jamais. En effet, la lecture d'Une année étrangère fut un choc. Je n'ai jamais pensé de ce roman qu'il était un "grand livre", ou un "chef d’œuvre", ces deux mots n'exprimant d'ailleurs que l'impuissance à critiquer, qualifier un texte. Mais j'ai eu la certitude que Brigitte Giraud était une "grande autrice".
Une "grande autrice", déjà parce qu'elle possède une voix, qui est sa voix, et dont l'ampleur, la beauté, me saisi plus encore dans Pas d'inquiétude. Sa phrase est simple, sans afféterie, sans emportement, sa musique s'installe au creux de moi, sa langue vibre en moi, c'est doux mais pas seulement, cela peut être terrible, descendre dans mon ventre, à la source de tant de primitives inquiétudes. L'idée de ce roman lui vient quand elle entend à la radio une anecdote, l'histoire d'une usine où les ouvriers ont cotisé leurs jours de RTT au profit d'un des leurs, qui n'avait plus un jour à prendre, mais qui avait un môme malade à la maison et aucun moyen de le faire garder. Brigitte Giraud, à partir de cette anecdote, sans chercher à enquêter, tisse un roman magnifique, implacable.
Si vous interrogez Brigitte Giraud sur ses intentions, elle vous répondra qu'elle se sent incapable d'écrire un livre politique. Et il est vrai que Pas d'inquiétude n'est pas, à proprement parler, un essai politique. Une famille vient d'emménager dans une maison d'un lotissement, avec son bout de pelouse qui donne directement sur un ruisseau. Mehdi, le petit, tombe malade. Cet accident dans le continuum de la vie de chacun est immédiatement le révélateur absurde du contexte social, des humiliations contingentes, mesquines, subies par cette modeste famille. L'autrice me semble ici d'une cruauté sidérante, tellement je crois voir, dans les pensées du père, à nu, aussi bien que dans l'enchaînement des faits, et des micro-événements, une vérité profonde, c'est à dire une vérité qui va au-delà d'une réalité de surface, puisque au moment où je suis touché, dégoûté, révolté, j'en exprime une idée. Quand la mère obtient le soutient de son patron, Brigitte Giraud évoque la jalousie que cela provoque dans les bureaux, la solidarité dans l'usine que le père a bien du mal à assumer. Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'autrice, sans donner de consigne de vote, prend position, claire et nette. La description est lucide, désespérante, je sais que certains lecteurs, rendus à leur impuissance, ont lâché le livre ici. Le début, à cause de ce révélateur ultra-violent de la belle langue, est d'une densité incroyable, mais il me sera difficile, de toute façon, jusqu'à la dernière page, de reprendre mon souffle. Je ne suis pas loin des larmes, plusieurs fois, j'ai de vieilles révoltes qui se réveillent lorsque je lis, sans caricature, la culpabilisation de l'employée, de l'ouvrier, dans leur travail, celle des parents par le médecin. Ce que cela provoque dans le couple, les tensions, les désirs, l'absence de désir, le besoin de l'autre ou son rejet, ce que cela implique pour la grande sœur de Mehdi, plus seule que jamais au moment le plus difficile de sa jeune existence. Le père construit un mur pour contenir les crues du ruisseau, au pied de son terrain : en vain. La charge émotionnelle du récit est telle que je ferme le livre quelques fois. Pour l'ouvrir aussitôt, car Pas d'inquiétude, qui est donc bien le contraire d'un livre sans politique, est de ceux qui ne vous lâchent pas, à cause de cette voix posée, claire, le style sans esbroufe et sans pathos de Brigitte Giraud dont le débit régulier, quoique musical, n'en a pas terminé, pas encore, s'il vous plait, pas encore, avec moi...
Pas d'Inquiétude, de Brigitte Giraud, chez Stock, 270 p, 19 euros.
mardi 13 décembre 2011
vendredi 2 décembre 2011
mardi 29 novembre 2011
vendredi 18 novembre 2011
Enfance, profonde
En ce printemps pluvieux s’épanouit la fleur comburante. Mes sublimes Van’s bleues électriques donnent des signes de fatigue, elles pompent l’eau des flaques avec un chuintement qui manque de classe. Dernière sortie pour elles, j’en ai peur. Les trottoirs luisant sont déserts, je traîne les lambeaux blancs de mes jean’s et ma musique jusqu’à l’arrêt de bus Opéra. Non, je ne me balade pas avec du plastique dans les oreilles, je chante. Je chante, je pense à toi. J'ânonne des airs improvisés. Je ne saurais autrement te susurrer ces mots d’amour, irradiants, piquants, puissants, qui me sont autant de shoots violents et des appels, y’a quelqu’un ? Eh y'a quelqu'un ? C’est presque comique, je connais des gens qui croient qu’il y a « toujours quelqu’un », une sorte de foi que je n’ai pas, pourtant je ne peux m’empêcher de chercher à sentir ta présence, non loin, ton sourire, ta confiance. Dans les transports en communs, je croise la stupeur magnifique d’une petite troupe d’adolescentes, un homme à la grâce involontaire qui les toise, la touchante fatigue d’une vieille dame qui, peureuse, se détourne. Tandis que je m’éloigne du centre de Lyon, avachit sur un siège, le paysage s’abîme, s’effrite et la vitre du bus, striée de vergetures translucides, me glace le front. L’orage s’énerve, je me sens bien au milieu de ce maelström hypnotique, je chantonne, je dois faire l’effet d’un fou à mes quelques compagnons de voyage mais qu’importe. Et si l’un d’eux, lui, le garçon, venait à me reconnaître, à aimer le petit air récurrent qui s’installe autour de moi ? Il se poserait, précautionneux, sur le siège libre, pour m’écouter. Je chante pour lui. Ou bien pour ce petit garçon qui n’a pas peur de s’étonner, de l’autre côté de la vitre, nous nous regardons un instant. Il courrait en riant, il s’arrête, le temps de ce curieux échange. Combien de fois ai-je ainsi rencontré un peu plus que le regard d’un môme, tiens, le sourire me gagne. J’aime apercevoir ainsi, par exemple sous la pluie, au coin d’une rue ou d’un jardin, ces petits animaux de désirs. Je me souviens le feu sous la peau, sous les sourcils et la tignasse brune, dans le K-Way froissé, dans les bottines. Je le sais, seul en moi le sentiment de toi saurait imiter ce juvénile embrasement. Encore quelques arrêts.
samedi 12 novembre 2011
La paix la paix la paix la paix
Un porno, un dial sur la toile, un bouquin. Rien ne me remplit comme le souvenir de mon danseur. La bière et les copains ne parviennent pas plus à vaincre mon sentiment de solitude, je suis pris de vertige, plusieurs fois. Je perds toute concentration, je comprends à peine ce qu’on me raconte. Accoudé au coin du bar, je crois que mon sourire est bien penaud et les copains font mines de ne pas s’inquiéter. Les conversations m’échappent, elles glissent sur ma raison, je pense au vide qui résonne en moi, qui brimballe comme une vase. Si je pouvais isoler cet espèce d’aller-retour incessant entre mon bide et ma tête, en ce vase-clos, une balance de Roberval. Elle hésite, sans fin. La pesée de mon néant. Tandis que mes organes remués, révoltés, écœurés, voudraient fuir par tous les trous.
« La peau.
- Hein ? »
La peau. Suffit-elle à contenir tant d’absence. Mon danseur. Lui dire au revoir fut un déchirement. J’ai depuis à nouveau ce sentiment non de manque, mais d’absence.
« Eho, t’es là ? »
Je crois à une sorte d’amarrage du désir. Il se projette, éclabousse le monde et puis, un jour, il se fixe, selon une mystérieuse et fort complexe combinaison de déterminismes.
« Il est amoureux ou quoi ?
- Ouam ? Il est saoul »
Je suis un bateau plein de bière, j’essaie de prendre le large. Cela me confronte à mon infinitude, à mon unicité éclatée, à ma solitude en expansion. Tiens, oui, en expansion, car je suis l’univers, je ne le découvre pas à l’instant.
« La peau. »
Ma peau n’est qu’un sac, je sens bien que mes organes cherchent une sortie, ils pressent, tels des blocs d’excréments prêts à jaillir, mes organes gonflent, bougent, se tordent, se débattent et j’ai grand’ peine à les contenir.
« Féria de Nîmes, la bodega Chez Jany bondée, je danse. Dalida, un truc dans le genre, plutôt drôle. Je remarque un garçon et soudain il danse à côté de moi. Il me tourne autour et bon je fais ma timide. Un mouvement de foule, le garçon en profite pour me toucher, en fait il me prend dans ses bras. Cela ne dure que quelques secondes. Quelques secondes de paix. »
vendredi 4 novembre 2011
Do you know Bruce Benderson...?
Je retombe sur ce petit mot signé d'un très grand auteur américain, un petit mot qui, on le comprendra, me mouille encore le slip.
J'ai regarde votre texte et je l'aime bien. Normalement je ne suis pas tres attire par la litterature erotiqe, mais dans le cas de votre, il y a un rythme et une simplicite et une clarte que j'aime.
bien a vous,
Bruce
25
déc. 2008, 00:59
J'ai regarde votre texte et je l'aime bien. Normalement je ne suis pas tres attire par la litterature erotiqe, mais dans le cas de votre, il y a un rythme et une simplicite et une clarte que j'aime.
bien a vous,
Bruce
C'était à propos de Premier Jet.
mercredi 12 octobre 2011
mercredi 5 octobre 2011
L'interview de l'écrivain
« Bonjour,
vous avez été élu l'auteur le plus romantique par les lectrices de
Daily Dame, vous êtes traduit dans plus de 18 langues, le succès ne
se dément pas.
-
Bonjour, oui j'aime les histoires d'amour, c'est vrai, je n'écris
que des histoires d'amour, si les femmes me plébiscitent, ce n'est
pas pour rien, je crois.
-
Pourquoi les femmes sont friandes de ce genre de littérature ?
-
Parce que. Les femmes n'ont peut-être pas la vie qu'elles veulent,
qu'elles ont pu espérer. Je crois.
-
Pourquoi, à votre avis ?
-
Parce que. Les hommes ne sont pas à la hauteur... Non, laissez
tomber. Pardon. Pardon.
-
Pardon ?
-
Les hommes, les femmes, c'est l'éternel sujet, n'est-ce pas. Alors
les femmes sont comme-ci, les hommes sont comme ça... Tout cela me
paraît un peu vain. On raconte de belles histoires aux filles, on
leur parle encore de princesse et de mariage, on leur dit que faire
des enfants, c'est ce qui les réalisera en tant que femme. Elles
croient ce qu'on leur dit, elles se marient, elles font les femmes
accomplies quand elles ont enfanté, elles jouent leur rôle et après
tout, ce doit être plutôt confortable, de savoir où on va. Et puis
un jour, un jour, ce n'est plus ça. Elles savent qu'elles ont manqué
quelque chose d'essentiel. Une vraie histoire.
-
Et les hommes ?
-
Les hommes. Les hommes. Je ne sais pas. Il y a ceux qui se sont mis à
aimer leur confort, et peut-être leur femme, en tous cas leur
famille, je pense que certains se complaisent dans leur rôle de
gardien du troupeau ou un truc approchant...
-
De gardien ? Du troupeau ?
-
Oui, la famille. Et il y a ceux qui, au bout de cinq ans de mariage
commencent à se dire, mince, les histoires qu'on racontait aux
gamines, eh bien, en faits, elles n'étaient peut-être pas si bêtes,
cinq ans avec la même nana, ça doit être la femme de ma vie, pas
possible autrement.
-
Dans vos romans, et singulièrement dans le dernier, Rachel,
les maris délaissent souvent leur femme...
-
C'est ça, c'est en tous cas l'impression que les femmes ont, d'être
délaissées.
-
Ce ne sont jamais les femmes qui délaissent leurs époux ?
-
Non mais c'est des bêtises, les femmes, les hommes. Il y a bien la
culture qui entre en jeu, et donc l'éducation, forcément sexuée.
Le désir s'exprime comme il peut, il me sors par tous les trous, et
je le canalise en cherchant à le nommer, à le diriger, avec les
moyens de la culture. Par exemple, il est impossible de savoir, mais
n'écrivez pas ça, hein, ce n'est pas intéressant. Il m'est
impossible de ressentir ce que je ressentais... à l'époque...
Comment dire. Le passé, je sais qu'il est possible de s'y installer,
de se laisser séduire, parfois, tu es le serpent à sonnette, et les
jolies histoires qu'on t'a raconté, c'est le fakir et sa flûte, ces
jolies histoires, elles te désarment.
-
Vous voulez dire que vous êtes hanté par votre passé ? Quelles
histoires vous hantent ?
-
Aucune, enfin, je crois. En tous cas pas celles que je raconte dans
mes livres. Voyez-vous, s'il y a un écrivain qui n'est jamais
autobiographique, ah ah ah ! Mais je me verrais bien changer tout ça.
Je vais écrire autre chose, ce sera un peu trash, je vous préviens.
-
Vous êtes resté assez secret, sur vous, sur votre passé...
-
Oui mais c'est du passé, voilà, du passé. J'aime l'idée du passé
comme une continuation du présent. Pas le contraire, hein. J'aime
l'idée d'une histoire qui ne fait qu'un avec le présent, je
voudrais que le présent ne puisse se concevoir qu'ainsi, en
mouvement, en construction, donc aussi bien, l'avenir est de la même
nature que le passé, ce sont des potentiels que le présent réalise.
Je vous ennuie avec mes histoires.
-
Non non !
-
Si si ! Je vous comprends, mon histoire, c'est juste la moins
intéressante du monde, c'est pour cela que je ne la raconte jamais.
J'ai bien deux ou trois souvenirs sympas, des beuveries, des
rigolades, des vacances, avec les copains…
-
Racontez-voir...
-
Les copains. On avait décidé de s’inscrire en fac de Droit pour
devenir avocat, juge des enfants, président de la République ou je
ne sais quoi. Nous mangions, chantions, rigolions, discutions mais
pas tant que ça de politique, on était ensemble. Ouais, sûr que
c’était le temps de l’amitié. Seulement il y avait un hic. Un
point de détail, comme dirait l’autre, je vivais une histoire,
secrète, qui m’est aujourd’hui une souffrance et qui se jouait
au quotidien pendant cette grande époque. Un drame que je ne
ressentais pas comme tel, peut-être parce qu’il ressemblait
tellement au bonheur ?
-
Vous voyez bien que vous avez vécu des choses spéciales...
-
Non mais rien de très spécial.
-
Alors, de quel drame parliez-vous ?
-
J’aimais. »
mercredi 27 juillet 2011
Déroute à Monop'
Maintenant les carottes
quoi les carottes
Bien euh c'est sur la liste
ah oui, la liste
Dans la sauce, les carottes
ah
Oui, dans la sauce
les carottes, avec les patates
c'est sur la liste ?
non, les carottes, à côté des patates
ah d'accord
au rayon frais
ah d'accord
à côté des navets et des champignons
des navets ?
Oui. Et des champignons
Tu passes le coin des promotions
les miniprix je connais
et il y a un îlot de bouteilles de vin
je sais
et puis c'est
je sais
Pense aux tomates
pour la sauce aussi
oui pour la sauce
elles sont où
À côté des
non
Si, si, à côté des
non ne le dis pas
à côté des carottes
jeudi 7 juillet 2011
lundi 4 juillet 2011
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