mercredi 3 février 2010
Oh Dieu le garçon
vendredi 29 janvier 2010
Mamie blues
mardi 26 janvier 2010
Mamie tchatte
"Je suis allé voir une expo je suis super fatigué.
- Je comprends, petit frère, et elle était bien cette expo ?
- Bof, j'ai trouvé un peu sommaire."
Mamie croit que son sourire se voit dans ce qu'elle écrit. Mais il se voit, d'ailleurs, il suffit d'être attentif.
"Raconte, tu es allé où, au Grand Palais ?
- Oui, c'est assez oppressant.
- Oppressant?
- Oui."
Elle se fait peut-être des idées mais elle croit que ce garçon est gracieux. De la grâce, il a l'air de posséder de la grâce. Ses intérêts pour le théâtre ou la littérature ou les expositions parisiennes sembleraient démontrer chez lui un désir d'élévation, de mouvement. Mais Mamie se souvient que c'est un garçon.
"Et tu y est allé avec ta petite amie ?
- Non, ce n'est pas ça
- Je suis jalouse, j'y serais bien allée avec toi
- Mais on ne se connait pas Mamie"
Voilà. Un instant plus tôt son cœur voltigeait à des hauteurs stupéfiantes, et puis la sécheresse soudaine du garçon la fait chuter. Elle sent physiquement l'impact, le choc sur les tomettes de son salon. Elle chute et ne trouve plus de mot. Comment lui dire, elle n'a pas cherché à le connaître, ce garçon. Est-ce qu'on se connaît un jour, de toute façon. Elle voulait passer l'écran. Rencontrer un homme. Je te fantasme, toi que n'ai pas encore touché. Je te fantasme aussi, eh, petit homme, que j'ai caressé, caressé, que je voudrais caresser encore, longuement, se verra-t-on enfin, me donneras-tu ta nuit ? Ma propre mère est un fantasme, pourtant je la côtoie depuis, euh, je ne vais pas dire mon âge. Ce que nous croyons connaître de l'autre, c'est notre désir qui se projette, je te fantasme fin, joli, je te fantasme doux.
"Tu comprends Mamie, il faut faire la différence entre le virtuel et la réalité.
- Mais, petit frère, il n'y a pas de différence de nature entre la fiction que j'écris à partir des informations que tu me laisses sur la toile et celle que j'écris lorsque tu es dans mes bras. C'est toujours mon imagination qui travaille. Tu n'es toujours, pour moi, qu'un fantasme, un beau fantasme, je t'assure. Qu'est-ce que tu en dis ?
- Il manque le quotidien, les odeurs, la voix, les ronflements.
- Zut, comment tu sais que je ronfle ?
- Dsl, j'ai mis du temps à te répondre, je suis absorbé par la télé, je vais me coucher maintenant. Bisous Mamie."
Bisous.
Et Mamie alors. Se relève. Elle sait qu'il manque la peau. Elle chute. Elle a du sang dans la bouche.
mardi 12 janvier 2010
Du cul Mamie
Le petit gars ouvre son sac, elle le vide.
Le papa vient te chercher et c'est elle qu'il trouve. La vieille, cuisses dures et droites, sourire figé.
Elle le vide.
Le sac. Fait les devoirs.
"Bisous"
héhé.
"Bisous"
Elle se vide mamie de tant de belles images, elle en oublie le rêve, la chimère, l'amour. Et baise.
jeudi 7 janvier 2010
B-a Ba
Mamie cherche dans le cartable du petit garçon.
« Ton stylo, tu as bien un stylo ? »
Le petit garçon dit non, il n’en a pas.
« Comment veux-tu travailler sans stylo, tu as un crayon alors »
Elle regarde partout, et le petit garçon, avec une grimace, dodeline de la tête, non, il n’a pas de stylo, pas de crayon. Mamie souffle un grand coup.
« Bon, va en chercher un dans mon bureau, tu prends celui que tu trouves»
« Mais pourquoi tu as pris ce crayon il n’est pas taillé ? »
Le petit garçon a un regard surpris.
« Ben oui, le principe du crayon, ou du stylo, c’est de s’en servir. Bon je dois avoir un taille crayon quelque part, sort une feuille vierge, ça, je sais que tu en as »
« Mais tu salopes tout, là, mais qu’est-ce que tu es sale. Je ne te demandes même pas de travailler proprement, je voudrais juste pouvoir te lire. Fais un effort. Redresse-toi. Incroyable que tu ne puisses te servir mieux d’un crayon. L’ordinateur, oui, c’est bien l’ordinateur, tu es habile avec une souris, c’est bien. Mais un crayon, quand-même. Et une page vierge, c’est le B-a Ba. »
dimanche 3 janvier 2010
Beaux nénés mamie
- pas moi
- tu veu pa mon truc dan ton trou
- non
- tu mouille
- non
- a ton aj mami on a pa l choi
- ah bon
- tu devré etre contant
- mais je suis contente
- allé mami ouv té cuisse
- dis-donc gamin t'es pressé
- jé la bite toute gross
- moui
- ptin mami té lourde anlèv ta chemiz
- tu veux voir mes lolos
- té tété
- ben commence par déballer tes affaires
- oui carés mé couille
- ton cartable je veux dire, on va faire un peu de français d'abord
mercredi 23 décembre 2009
Pretty vacant ?
lundi 21 décembre 2009
La dame
vendredi 18 décembre 2009
Bull eye, Dubaï, L'avenue des grandes tours (7)



jeudi 17 décembre 2009
Bourge Dubaï (suite)
lundi 14 décembre 2009
samedi 12 décembre 2009
vendredi 11 décembre 2009
Bourge Dubaï (suite)
« Tu vois on parle de pouvoir d’achat, en France. Eh bien, me confie un expate humaniste, si l’on pouvait payer une jeune pakistanaise à faire le ménage, à s’occuper des enfants, à préparer les repas… au même prix qu’à Dubaï, il y a beaucoup de familles françaises qui en seraient bien soulagées. »
Et le même expate ajoute, devant mon ébahissement :
« En plus, trois cents euros mensuels, pour ces femmes, cela représente beaucoup d’argent, on les loge, hein, parce que quand même on n’est pas des sauvages, et du coup elles peuvent envoyer une bonne part de leur salaire à leurs familles restées au pays. »
jeudi 10 décembre 2009
mercredi 9 décembre 2009
Bourge Dubaï (suite)
Les expates habitent des quartiers clos. Leurs maisons blanches se recroquevillent autour de jardinets fleuris et d’une piscine qui, me dit-on, n’est pas utilisable l’été, tant il fait chaud. Le petit déjeunée sera classieux, n’en doute pas. Brunch, à l’anglaise, car Dubaï n’est autre qu’une colonie anglaise, il n’y a pas d’autre mot, et les commerces, regroupés en Malls, sont tous occidentaux. Carrouf, plein d’enseignes françaises, Paul pour le pain, Pimkie pour les putes, et des marques anglaises en veux-tu en voilà, par exemple, le petit super marché le plus proche qui ne vend que de la bouffe anglaise – pas toujours aussi dégueu, d’ailleurs, qu’on pourrait le croire. Les émiraties, dans leurs longs pyjamas blancs, lunettes noires, se comportent comme des colons, pleins de morgue, ils sortent de leurs immenses bagnoles, suivis, à quelques mètres, de leur bonne femme, des mômes et des servantes serviles à la peau noire. Celles-ci portent les courses et, surtout, ferment gentiment leur bouche, avec le sourire. Ce qui est frappant, outre la nauséeuse démarche de ces esclavagistes et leur racisme assumé, c’est leur absence totale de fierté, leur soumission au modèle économique européen et, en particulier, anglais. Même entre eux, tu peux le constater, les arabes d’ici ne parlent plus leur langue. Heureusement, cinq fois par jour, le chant du muezzin, amplifié par les plus parfaites sonos du monde, rappelle au touriste où il se trouve.














