dimanche 10 mai 2009

Ach Paris (deuxième jour)

Rappel : Ach Paris (Premier jour)

Nous nous sommes réveillés un peu tard, c’était forcé. Ça battait dru sous les fronts, mon pote, en plus, il se sentait nauséeux. Je ne me souviens plus si nous avons mangé, des pâtes, peut-être, avec une tranche de jambon. Nous avons encore discuté dans son petit appartement, il m’a fait la morale. Tiens ça me rappelle son toupet d’hier soir. Dans la rue il m’a dit toi et moi on n’a pas de chance, « on n’a aucun talent ». Je lui ai répondu hé parle pour toi . Tu crois que je me ferais chier à écrire toute l’année des romans qui n’intéressent personne, que je travaillerais mon écriture presque tous les jours si je pensais n’avoir aucun talent ? Je sais bien que je ne ferais pas la carrière de Mauriac, d’Aragon, de Houellebecq ou de Victor Hugo. Je ne suis pas « génial », ça se saurait n’est-ce pas. Mais un peu de talent merde, ce n’est pas grand’ chose à demander, non. Et lui, il s’excuse alors que, bien sûr, maintenant qu’il l’a dit. J’avais envie de gueuler que s’il n’a pas foi en moi, lui mon pote depuis presque toujours, qui me fait aujourd’hui les plus improbables déclarations d’amitié, mais de qui puis-je espérer un jour être reconnu ? La première fois qu’il a eu un tas de terre entre les doigts, il en a sorti une forme de femme épatante, pour un débutant. Moi je n’ai jamais su, même au prix de quelques tentatives, en sortir autre chose qu’un peu d’art abstrait. Alors, n’avait-il pas un petit talent ? Il n’a pas bossé le coup de la terre glaise et, aujourd’hui, il faut avouer que ses douze ou treize statuettes paraissent bien minables. Il en expose pourtant ici ou là quelques-unes, sur les étagères surchargées de son gentil salon.

Au milieu de ses milliers de bouquins, tous professionnels, à part une petite étagère de romans, une autre de bandes dessinées, donc, nous discutons de notre métier commun et il me fait la morale. Je crois que c’est comme ça qu’il se donne l’impression de s’occuper de moi. Il dit que je devrais piger pour des journaux, pour augmenter mon revenu. Ce qui m’énerve c’est que, cette fois, son reproche est assez rationnel, je ne travaille qu’à mi-temps et, au Smic horaire, ça ne fait pas lourd. Sauf que je n’ai pas du tout l’intention de bosser plus. Il me faut du temps pour moi, pour écrire mes romans. Cet après-midi chez lui, c’était dimanche, mais il allait travailler vers 16 heures. Ce mec est pigiste pour les plus gros canards, mais non, il doit assurer son revenu en bossant le dimanche, un genre de rewriting si j’ai bien compris. S’il croit que je vais suivre le modèle. Je faisais mon sac, nous nous embrassions chaleureusement sur le seuil, ou plutôt nous nous serrions la main, avec des regrets de se quitter si vite.

« C’était cool hier soir »

Oui, c’est vrai, c’était cool.


Le reste de l’après-midi fut pour moi l’occasion d’une balade, seul, dans les rues de Paris. Et ça aussi c’était cool.

mardi 5 mai 2009

samedi 2 mai 2009

Le lièvre le lièvre

Je pleurais à l'instant. En lisant ce passage du livre de Claude Lanzmann intitulé bien à propos Le Lièvre de Patagonie (éd Gallimard 546 p, 25 €):

"C'était notre premier voyage à l'étranger, je me trouvais dans la plus grande exaltation, la rencontre des noms et des lieux, noms de gares aperçus dans la nuit, Brig, Simplon, Domodossola, Stresa, attestaient de la vérité du monde, scellait l'identité des mots et du réel, dévoilait le vrai de plus poignante façon. Je me dis aujourd'hui que notre jeunesse et la jeunesse du monde se conjugait alors et il est certain que la première fois a une saveur unique. Il m'arrive pourtant encore maintenant d'éprouver à pleine force ce que je ressentais à vingt ans, à la réflexion cela n'a rien à voir avec le jeune ou le grand âge. Remontant seul il n'y a pas si longtemps, à partir de Rio Galleros, aux confins de la terre de Feu et au volant d'une voiture de location, la plaine immense de la Patagonie argentine vers la frontière du Chili et la fabuleux glacier du Perito Moreno, je me répétais, joyeux comme dans ce premier train vers Milan : "Je suis en Patagonie je suis en Patagonie". Mais ce n'était pas vrai, j'avais beau avoir aperçu quelques troupeaux blancs de lamas, la Patagonie ne s'incarnait pas en moi. Elle s'incarna tout à coup, au crépuscule, sur le dernier tronçon de route non asphalté après le village d'El Calafate, dans le balayement de mes phares, quand un lièvre haut sur pattes bondit comme une flèche et traversa la route devant moi. Je venais de voir un lièvre patagon, animal magique, et la Patagonie toute entière me transperçait soudain le cœur de la certitude de notre commune présence. Je ne suis ni blasé ni fatigué du monde, cent vies, je le sais, ne me lasseraient pas. "

Je pleurais, j'ai retenu mes larmes. Peut-être que je me sens un peu fragile, en ce moment. Je sens dans cette lecture, dans mon jardin, au soleil, qu'elle recèle, pour moi, des vérités que je n'ose affronter. C'est la vie qui passe et ne me traverse pas ?

jeudi 30 avril 2009

jeudi 23 avril 2009

Dark Tophe

Christophe avait ce petit air
Hésitant ce sourire
Et complice pourtant

En boîte, le compliment :
« Salaud !
- Quoi ?
- Qu’est-ce que tu danses bien ! »

Christophe, je ne serai pas à ton enterrement.

Depuis Lyon, nous sommes allés ensemble au mariage de notre copain Eric. Tu conduisais vite, sans avoir l’air d’en éprouver quelque souci. D’ailleurs… J’en souris, mon Christophe. Nous avions rendez-vous, comme il se doit, dans une église aux environs d’Annemasse, mais nous étions à nos retrouvailles, nous avions beaucoup d’histoires à nous raconter. Nous commencions cette journée ensoleillée par des confidences, des souvenirs, des rires. Et soudain nous étions à Dôle.

Avec Eric, nous étions tous trois inséparables au Lycée.

Tu es dans la même classe que moi, ouf. Nous venons de redoubler, nous redoutions d’être séparés. Eric, lui, avait été mis dans une autre seconde. Toi et moi, nous nous sommes mis à côté l’un de l’autre, tout devant, ce premier jour, avec la ferme résolution de se mettre au boulot, d’être sérieux. Cela ne dura que quelques minutes. Toc toc toc, un élève se montre.
« Entrez »
Je souris, tu souris, je me souviens avec exactitude de ton sourire large, pas loin d’éclater en un rire franc. C’est Eric, à moitié débraillé, brandissant un papier, tenant son sac, qui s’adresse à notre professeur principal :
« Euh ils se sont trompés, en fait je devais être dans cette classe »
Le cours suivant, bien sûr, nous étions au fond de la salle.

Mes amis de droite. Un de moins pour Sarko, déjà ça de gagné. Un de moins pour moi, aussi.

Une crise cardiaque. 37 ans, une crise cardiaque. Tu fumais, je ne me souviens plus ? Je ne crois pas. Chez ta mère, je dis ta mère parce que ton père était mort l’année dernière. Chez ta mère, tu taillais les haies. Tu t’es senti fatigué.

Tu étais Dark Krist.

Christophe ne riait pas souvent, je veux dire le grand éclat de rire. Il était pourtant très drôle, qu’est-ce que nous avons rit. Eric, Roland, Ouam, nous riions à nous faire mal, nous faisions du bruit, Christophe, lui, ne montrait pas grand-chose, il pouvait pourtant en ajouter une couche, appuyer là où ça fait rire, son visage était hilare. Il riait dedans.

Eric m’a promis de te faire un petit coucou. Tout à l’heure, à seize heures, dans le cimetière de Parcieu.

Avec Eric, nous nous sommes parlé au téléphone, à cause de Christophe. Nous avons envie de nous revoir et Roland aussi. Nous penserons à lui, c’est sûr. Nous nous moquerons, il n’est plus là pour se défendre. C'est sûr, nous rirons bien et fort.

mardi 21 avril 2009

Le Film Porno

A télécharger chez Leo Scheer, le Film Porno, texte lu à la MAPRA, Maison des Arts Plastiques Rhône-Alpes le 3 avril dernier.

lundi 20 avril 2009

Ne cesse

Il rampe sans tête un désir si profond

Syncopé dans la boue bouillonnant à l’envers

Que – plaisir sans nom – il me tire et m’embête

Et se perd. Sillonnant jusqu’au bout Mon désir

Ne cesse

jeudi 16 avril 2009

BOYCOTT AMAZON

Allez donc voir ce que je lis avec stupeur chez Passouline. Amazon, plus grand libraire de la planète, a un temps mis la littérature gay et lesbienne, ainsi que les livres écrits par des homosexuels, au ban. C'est le tollé organisé par les blogueurs US qui est parvenu à influer sur leur décision inique.

Quoiqu'il en soit, c'est la preuve que nous devons toujours être vigilants, boycott Amazon ! Boycott Amazon !

lundi 13 avril 2009

Ach Paris (premier jour)

Qu’une âme tuméfiée geigne dans l’ombre ou la splendeur des jardins, des châteaux, les rues de Paris ne s’en souciaient guère. "La vie est tellement dure" me confiait, ingénue, pas tant que ça, mon amie, compagne de voyage. Egoïste, enchanté, le cœur puisant peut-être aux sources de ce malheur (étranger, mais qui avait crevé la nuit ce matin comme une aiguille), la force de son plaisir, de sa joie momentanée, je me suis promené, ces deux jours, à Paris.


Paris n’est pas tout à fait indifférente, elle accueille, elle berce, elle enveloppe. Elle digère.


Samedi un soleil blanc dégueulait sur le trottoir désert et les boutiques prétentieuses des Champs Elysées. Georges V, nous prenions le temps d’un petit tour dans le coin et d’une pause extasiée devant l’architecture béton d’une superbe Caisse d’Epargne. Les cafés étaient vides, les terrasses chauffées. Nous nous y attardâmes une minute avant de s'engouffrer dans l'ombre du cinéma Biarritz Elysée, où mon amie réalisatrice, si talentueuse, présentait son dernier film. Ressortant une heure plus tard à la lumière, nous discutâmes au bord d'un énième expresso, puis je la quittai. Rendez-vous demain dimanche. Je remontai l’avenue fameuse parmi le flot de chinois et de japonais, d’arabes en treillis et lunettes fumées, d’occidentaux en costume, Etoile. Ligne 4, un jeune homme charmant me fit une charmante conversation. Mais c’est lui que j’allais voir et j’en éprouvais, je l’avoue, quelque hâte. Je n’avais jamais encore pu lui rendre cette visite, dans son petit appartement de la rue du Château d’Eau, dans le 10ème arrondissement. Il y habitait pourtant depuis 4 ans. M’avait fait l’honneur de quelques cuites, à Lyon, et c’est curieux. Qu’un amour aussi dense, ce noyau qui semblait toujours plus dur, en moi, cet amour fou. Que cet amour-là put disparaître soudain ou, plus exactement, passer le rideau des souvenirs, sans bruit, sans drame. Ce soir, nous allions boire de concert, comme deux camarades, deux vieux amis. Dans le plaisir serein des retrouvailles.

vendredi 10 avril 2009

Tout un silence

Valérie Sourdieux m'avait fait le plaisir, et l'honneur, de me faire lire son superbe manuscrit cet hiver. Aujourd'hui, elle le montre à tout le monde, sur le site de Léo Scheer.

Tout un silence est un des plus beaux textes que j'ai lu cette année.

jeudi 9 avril 2009

Affaire Patrick Mohr : Justice nulle part

La Tribune de G'nève nous informe que le théâtreux suisse dont les réactions citoyennes, l'année dernière à Avignon, lui avait valut de faire l'objet de violences policières caractérisées, a été... condamné par la justice française.

mardi 7 avril 2009

Deuil (5)

Deuil (1), Deuil (2), Deuil (3), Deuil (4)

Madame la commissaire, je connais la victime. J’ai parlé avec elle, la veille, et puis tellement souvent. On se parlait tellement souvent. Toujours des idées à échanger, ou des mots.


Je ne veux pas dire que nous avions des mots. Nous n’étions pas d’accord sur tout. Nous faisions connaissance. Si on veut. Depuis longtemps, depuis que nous nous sommes rencontrés. Il y a des gens comme ça, vous ne trouvez pas. On ne sait jamais qui ils sont vraiment et on creuse, on ne fait que ça, c’est passionnant. C’est bandant, si je puis me permettre.


Mon amant, non. Que voulez-vous savoir ? Il me faut faire mon deuil, Madame la commissaire. Je dois voir le corps. Son corps.


Si je peux le reconnaître ? Si je l’ai déjà vu nu ? Je l’ai imaginé. Jamais gris. Le corps sans tête.

dimanche 29 mars 2009

B268, mon malaise

Je me sens nauséeux à l'idée d'avoir donné en pâture ce roman écrit en 2002, jamais corrigé. Je suis en train de me rendre compte que je me suis violenté en laissant seul mon manuscrit affronter des lecteurs anonymes.
C'est toujours ce problème fondamental, ce lecteur unique qui manque à mon travail. Avant de présenter un manuscrit, il faut le corriger, merde, et pour le corriger il faut un lecteur capable de me dire où je me perds, de pointer les faiblesse du récit... B268, je ne m'en étais jusqu'alors pas préoccupé. Suite à cette mise en ligne chez Léo Scheer, j'ai juste coupé une trentaine de pages, soigné encore quelques passages, retaillé des phrases un peu longues ou prétentieuses. Et maintenant j'ai honte du texte que les gens peuvent lire. Je réfléchis en ce moment à demander à Léo Scheer de supprimer ce m@nuscrit...

vendredi 27 mars 2009

B268

P-F

4ème étage

…camion met dix minutes pour se garer, un gros machin avec un moteur battant de bon matin, pas gêné, il empiète sur l’arrêt du trolleybus numéro 6, et puis trois bonshommes en sortent, dotés d’épaules et de bras, mais pas tant que ça, ils vont siffler un café à « La Réclame », rue Imbert Colomès, si bien que Pierre-François croit qu’il va pouvoir se rendormir, malheureusement les gars, quand ils reviennent, ils font un barouf pas possible, ils claquent tout ce qui ressemble à une porte, ils traînent les poubelles au dehors. Le 6, arborant les couleurs des Transports en Commun Lyonnais, en arrivant, proteste tant qu’il peut, carillonne, s’ouvre à une jeune fille flemmarde et une vieille arabe avec un fichu sur la tête, puis repart en grommelant. Dans l’allée, les déménageurs font fissa, ils communiquent en hurlant, Pierre-François n’a rien d’autre à faire que de les observer, depuis son 4ème étage. Il ouvre sa fenêtre et la ville vient prendre d’assaut sa petite chambre. Le tumulte, deviné, barré de borborygmes mécaniques, que l’air chaud porte en toute quiétude jusqu’à elle. P-F engrange de larges goulées de cette poisse paresseuse qui s’imprègne de l’odeur des murs, s’y frotte en ronronnant. Les hommes qui entrent et sortent de l’allée à toute blinde se colorent peu à peu. Un grand brun se pointe, peut-être le nouveau voisin, accompagné d’un homme chauve, de son âge, la quarantaine, alors que ça plaisante de moins en moins. Le 6, rouge de colère, carillonne une plainte avant de contourner l’obstacle. Les gosses assis sur les marches de la rue Pouteau devisent, vendent, rient, gueulent, fument, jouent, courent, rient encore. L’alarme d’une automobile malmenée par un passant s’éteint tandis que deux porteurs écarlates tiennent un vieux frigo de collection. Le nouveau voisin s’empare d’un autre carton. Bref, sous le 18 de la rue Pouteau, qui croise à cet endroit la rue Imbert Colomès, le petit coin de Croix-Rousse, morceau de route entre deux longs escaliers plongeants sur le centre-ville, prend vie.

Maintenant que P-F est debout, il peut faire quelque chose, il ne se sent pas fatigué.

(à suivre)

jeudi 26 mars 2009

J'ai tout lu Barthes

"Savoir qu'on n'écrit pas pour l'autre, savoir que ces choses que je vais écrire ne me feront jamais aimé de qui j'aime, savoir que l'écriture ne compense rien, ne sublime rien, qu'elle est précisément "là où tu n'es pas" - c'est le commencement de l'écriture"
Roland Barthes in Fragments d'un discours amoureux (éditions du Seuil).

lundi 23 mars 2009

Muriel, Café du Marché, Café des Ecoles, Bistrot Carnot

Combien d’heures, hein. Combien d’heures à parler d’abord de lui. Sans le dire, et même en le niant – mais pourquoi aurions-nous eu tellement besoin de le nier – nous nous sommes si souvent avoué notre amour insondable pour lui. Notre amour qui était comme de la matière sombre, un grand bloc d’ombre terrifiant dans lequel nous nous enfoncions. Avec un plaisir, comment dire, canaille. Tous les deux. Nous étions deux, j’aimais ce couple d’amoureux, mais d’un autre, qui se retrouvait autour d’un café, puis deux, et encore un. Jamais notre dialogue, peut-être à cause de cet amour, ne tarissait. Quelle tendresse, Muriel, me revient en pensant à ta jolie tête ronde, à ton sourire ironique, j’ai aussi, dans mon corps, le souvenir de ta voix. Avec quelle hâte je me rendais à nos rendez-vous, pas seulement parce que j’étais en retard. Nos discussions hantent à jamais, pour moi, ces endroits, ces cafés que nous fréquentions, et même les rues alentours.


Je sais que tu as deux enfants, maintenant. Es-tu heureuse ?

vendredi 20 mars 2009

Odeur

"Ça pue la solitude"
(in Le club des cœurs brisés, c'est un film à la con que j'aime bien, laissez tomber)

jeudi 19 mars 2009

Nique la Police



Je découvre
ça ce matin sur le site de jeandelax et ça me rend malade.

Verdict du tribunal le 9 mars. On sera attentif.

Non mais je suis un peu débile, pour un mec qui annonce être vigilant, en faits pas le 9 mars - comme me le fait gentiment remarquer Fincasor.

Le 8 Avril !!!



mercredi 18 mars 2009

Merdredi

Soirée Théâtre, hier. Je vais finir pédé c'est pas possible à toujours aller dans des endroits pareils. Les comédiens étaient en skins suédois, jean's moulant, merde, sexys quoi. Un texte de Lars Loren, Froid, mis en scène par le nouveau co-directeur du Théâtre des Ateliers, Simon Delétang. Je ne vais pas en écrire ici une critique parce que je dois le faire pour mon employeur et je ne vais pas me fatiguer à en écrire deux.

Je n'ai rien à dire ce matin. On verra dans l'après-midi.

mardi 17 mars 2009

Mordi

Un concert de The Ex, c'est un drôle de moment à vivre, ça pulse comme une techno, ça remue tant que ça peut, baby, c'est du rock, du punk, quoi. L'extraordinaire chanteur de ses 29 dernières années a décidé de se retirer, pour écrire, et ses compagnons continuent leur tournée perpétuelle, jouissive, avec un p'tit nouveau. Un marrant qui tranche avec la sinistre figure de son prédécesseur, mais qui a un peu une tendance pop dans la voix. Je lui en veux longtemps à cause de ça, jusqu'au deuxième rappel exactement où là, dans un morceau original, pas forcément le meilleur dans l'absolu, il a le sang, on a ses os, il se montre enfin nu, à la hauteur. Il en serait presque... sexy ? Avec lui, si l'on perd en incantation, on gagne un joyeux luron, une guitare et une rengaine : quelques notes répétées tout le long du concert, presque sur chaque morceau. Faut aimer, disons que je ne lui en veux pas trop. Par contre, sa guitare prend toute sa mesure dans des moments où les deux compères Terry et Andy semblent pouvoir prendre toute la place et... ne le font pas. C'est peu dire que dans ses fameuses ruptures de ton, dans ses élégantes montées en puissance, grâce aussi à la fabuleuse batteuse, Catherine, qui sait effleurer ou appuyer, le groupe est toujours aussi émouvant, drôle, même, par moment.
Pas mécontent, donc, ce matin, d'être allé boire deux bières du côté de Feysin, hier soir.

Mal aux jambes, c'est malin. Je voulais aller courir, ce ne sera pas possible. Le bide en vrac et le boulot qui m'appelle, "Ouam-Chotte, Ouam-Chotte" J'ai sommeil en plus. Le soleil enfin là pourtant devrait me motiver, j'ai d'ailleurs la face toute rougeaude aujourd'hui d'avoir bien glandé hier, en terrasse.

La conscience sourde de ma médiocrité me mine je crois. Pour oser écrire, il faut renoncer à ses rêves de grandeur, Proust, Genet, ce deuil est déjà fait. Mais quelle peut être mon ambition, du coup.


Faudrait que je baise, y'a pas.

lundi 16 mars 2009

Commun lundi

Je passe par hasard devant le bar, il est fermé, pourtant deux tristes sbires s’essuient le coude au zinc et le patron, m’apercevant, m’interpelle. Je rigole. Même le dimanche, maintenant, si ce n’est pas de l’alcoolisme. Troisième bière, je rigole encore, la compagnie de ces deux drôles m’est agréable. On va partir en vadrouille. Le dimanche, pas vraiment le choix, on s’engouffre où on peut, dans des rades qu’on connaît à peine, ça ne nous empêche pas de beugler des bonjours à la cantonade et nous rions grassement de nos plaisanteries. On se trouve nuls, on boit des bières, c’est marrant. Je dors peu, ensuite, mais je me sens plutôt en bonne forme ce matin. Je n’ai pas la tête en vrac, les jambes répondent bien, je ne flippe même pas pour le boulot, alors que je devrais. Je n’ai toujours pas rencontré ce doux garçon qui serait l’enchantement qui manque à mes journées. J’appelle ma copine Jane, elle ne répond pas, fait chier.

mercredi 11 mars 2009

Deuil (4)


Deuil (1)

Deuil (2)

Deuil (3)


Je suis dans le sas encore. Je me demande ce que j’y fous. La commissaire et ses sbires squattent la chambre froide. L’infirmier commence à me zyeuter le boule, mes jean’s le moulent, je suis à l’étroit, c’est exprès. Dans d’autres circonstances, je tenterais la chance, une conversation, un sourire. Sauf que là l’envie m’est ravit. La perspective d’une entrevue avec la police m’effraye, j’aurais voulu me trouver seul avec, avec toi. Allongé devant moi, immobile, les yeux fermés. J’aimais te regarder dormir. Est-ce qu’ils t’ont fermé les yeux ? Poisseux, je le suis de plus en plus, il fait chaud, ici, non ? Il doit faire chaud parce que mon accompagnateur est maintenant torse nu, la main sur l’élastique de son caleçon qui mon dieu contient à peine son vit. Il me semble qu'à ses pieds sa blouse est noyée dans un néon.

« Bonjour, vous êtes… ?

- Ah, Madame la commissaire. »

Les policiers soudain envahissent le sas, cassant la rêverie. Les visages graves autour de moi me rappellent que tu es mort, même à moi. Je suis en deuil.

vendredi 6 mars 2009

Lui, toi, Lycée Ampère Bourse

Je te revois au Lycée surgissant de derrière un large pilier de pierre. Ce fut comme si, fier arbrisseau, tu sortais de terre. Ce visage frais, sale, maculé de jeunesse ! Soudain, les règles apprises, temporelles, que je m’efforçais de croire naturelles, s’effaçaient à jamais devant une certitude : « Je t’ai toujours aimé ». Des mots absurdes, qui ne peuvent dire la vérité, mais s’en approchent, autant que possible. Des mots défaits, flottants, qui avouent leur faiblesse. Des mots vaillants qui luttent contre le vide. Des mots absorbés par leur propre trou noir. Des mots-Dieu contre l’évidence, contre le temps. Tu étais soudain devant moi comme une apparition, dans la cour du Lycée. A l’instant où je t’apercevais, mon amour était de toute éternité. Ton regard vers moi avait la douceur, la couleur, la tendreté d’une jeune pousse d’aiguilles d’épicéa, de celles que je mâche avec gourmandise au printemps, sur mes chemins de montagne. J’en savourais, dès lors, si joyeux, le potentiel de douceur et de piquants. Car tes yeux, en croisant les miens, avaient esquissé, en même temps que tes lèvres, un timide sourire. Tu me découvrais entièrement et je te découvrais. Pourtant, ce ne fut, à cette minute, que le début de l’histoire. Tout en moi fut bouleversé, mes journées, mes westerns. Il ne fut plus un instant, plus un livre sans toi.

mardi 3 mars 2009

Sur l'écriture

Je suis ennuyé car je ne retrouve pas, en ce moment, cet état de ferveur qui est l'objet de ma recherche, il me permet de plonger à l'intérieur du langage, j'en conçois le sens avec une jouissance qui est mon projet d'écriture même.

Tentative par les mots : ce qu'ils provoquent. La chaîne des mots jusqu'au point qui termine la phrase. Difficulté : choisir le premier. Il faut créer le trouble. Un verbe, à l'infinitif, c'est d'abord ce qui me vient. Chercher. Mourir. Abandonner. Tiens, « abandonner » semble convenir, pour l'instant. C'est bizarre, car je considère les verbes comme gênants, ne générant que des objets et des formes trop simples, bateaux. Il faut en général que je me débarrasse de cette encombrante légion de verbes. Il m'arrive d'en faire une liste, pour qu'ils cessent de réclamer. « Chercher » revendique une place que je ne peux lui donner car je me perds dans ce mot qui est une galaxie. « Abandonner » est une locution dans laquelle je me sens bien. Je vais en gommer la forme verbale et n'en garder que le substantif : « Abandon ».

L'abandon nu aux caresses du ciel est une intense agression de force vitale. Il y a la brûlure lente, inexorable, du soleil sur la peau, blanche, la douceur d'un vent frais qui me soulage. La mouche qui se pose sur ma cuisse et m'agace. Je n'ai qu'une certitude. Je suis vivant.

A force d'essayer, de ne pas me satisfaire des phrases que je m'oblige à aligner sur la feuille, il me vient comme une impatience.

Je me réjouis de l'impression générale, la page qui se noircit. J'ai écrit. Le travail avance.

Mais je tourne en rond.

vendredi 27 février 2009

Désir, écriture

Plaquer des mots simples sur la feuille.

Je n’y arrive pas. Le stylo me brûle la main, un rythme, une phrase, des phrases me traversent le corps de part en part sans que je puisse les identifier. Ce n’est pas « normal ». Je ne sais pas comment je sais avec une telle certitude que ce courant froid ce frisson douloureux est l’écriture. Je n’arrive pas à écrire ce que je veux – non : ce que je désire. Je n’en peux plus de ne rien comprendre de ce qui semble devoir peu à peu me dominer. M’engloutir. Sûr de ça : le désir et l’écriture.

lundi 23 février 2009

Deuil (3)


Deuil (1)

Deuil (2)


J’attends dans le sas. La porte qui nous sépare est fermée, tu vois, c’est symbolique, c’est une porte, elle est fermée. Comme une porte, bon dieu. Seulement toi tu es derrière et tu ne m’attends pas. M’as-tu espéré ? Parce que c’est ça, la condition. De notre destin commun, de notre amour. Eternel. Je regarde mes chaussures, elles sont instables, sur le sol inondé de mon deuil. Je patauge au milieu d’une flaque de vomissure beigeasse, je respire un effluve piquant de sueur, la blouse blanche qui m’accompagne, sans doute, termine sa journée. Je lui boufferais volontiers la bite, s’il l’exigeait. Ce n’est pas dans ses intentions je pense. J'essaye un sourire capricieux, je demande :

« Qu’est-ce qu’on attend ?

- La police. »

Evidemment, là, mon jeu tourne court. Ils ont appelé la police ? Mais pour quoi, pour qui, moi je peux le reconnaître, ce corps, enfin je suis là pour ça.

« La commissaire est à l’intérieur avec tous ses amis. J’ai ordre de ne pas entrer tant qu'ils y sont encore. »

vendredi 20 février 2009

"Du côté des bourreaux, du côté des victimes, est-ce qu'on a le choix" interroge Olivier Py.

lundi 16 février 2009

Je suis zétéro

Je m’appelle Ouatte-chome mais je n’encule pas n’importe qui. Non parce que je suis hétérosexuel, t'es pas fou, beurk, un mec ? Malgré mon âge et ma normalité, donc, je ne vis pas en couple et je n’ai pas d’enfant. Les femmes ont toujours fait gaffe avec moi, la pilule, le préservatif. Elles ne me courent pas après faut dire. Elles devraient je pense. Du coup je vais à la pêche. Aux moules.

Le soir dans les bars de ma Croix Rousse, on boit des bières avec les copains, on mate les filles avinées qui s’écroulent au bord du zinc, on donne des notes. Ça rigole. Pas une pour sauver l’autre. On les saute chacun son tour, sans se l’avouer, ou alors à demi mot parce que c'est un peu la honte de se taper des truks pareils. Enfin moi le cul, en général, c’est plutôt portion congrue. Je ramène quand même, ça m'arrive, mais surtout de la viande saoule, des filles quasi mortes quand je les baise. Des fois aussi, c’est moi qui bande mou, je m’échine cinq minutes, pour faire honneur. De toute façon elles sont souvent frigides, elles auraient des mecs, sinon, des réguliers je veux dire. Il y en a qui ne font même plus semblant de jouir. Et puis, un de ces soirs, au café, une petite nouvelle avec ses jolis yeux frondeurs nous remue le bout du bout de la tripe au fond du bide et là, selon le niveau de frustration, ou d’alcoolémie, c’est compétition ouverte. Bataille. Son poitrail réussit à nous remobiliser, on imagine tous y glisser nos griffes. J’échoue, comme d’hab’ et j’ai un haut-le-cœur quand le bellâtre de service emporte l’affaire. Les filles sont vraiment des connes.

« Merde quoi, est-ce qu’elles peuvent même imaginer ce que mon amour a de pur, d’inaltérable et de beau ? » me dis-je juste avant d’enfiler une dernière Météor froide comme l’hiver.

Oui, hétérosexuel, je suis aussi un pauvre type.

jeudi 12 février 2009

Le journaliste et la photographe

Tu manges quoi ? Rien. Non, rien. Je n’ai pas faim. Parce que je prendrais bien une part de tarte. Prends, prends. Tu la vois, celle-là, c’est leur dernière, dans la vitrine ronde. Une tarte au chocolat. Et dessus c’est de la chantilly ? Oui.


Ça coule dans la gorge comme une goulée de rhum, ça brûle comme une bouffée de cigarette, une blonde, sans filtre. Un goût de caramel ou de réglisse s’immisce, un jus brunâtre gicle jusque sur ma lèvre inférieure. Coup de langue discret.


T’as fini c’est con j’ai faim maintenant. T’aurais dû me dire. Ben je te le dis tu m’as donné faim. Je te commande un truc. Mais non t’inquiète, c’est pour rire, je m’en fous de ta tarte. Raconte, plutôt, ça se passe comment en ce moment. Et toi ta rencontre avec, comment il s’appelle ? Oh rien. Il est beau, jeune, il a des subventions tout autour du ventre. Qu’il a plat ? Qu’il a plat.


Ça se vide en moi, ce garçon dont je parle m’inspirait tant de douceur. Entre deux trains, il est passé aux Célestins où je l’ai interrogé pour le journal qui m'emploie.


Je n’ai pas vraiment eu à l’interroger. Genre tu mets un euro. Et il a quel âge ? Le mien. Tu vas le revoir ? Il faudra bien que j’aille voir son spectacle, mais sinon. Cool, moi j’ai vendu plusieurs photos, plusieurs, génial, non. C'était une bonne expo, dans une bonne galerie. Du coup je pars en vacances, j'ai déjà les billets, mais j’ai fait une bêtise.


Je le vouvoyais en le saluant, normal, et puis soudain je me suis mis à le tutoyer. Il s’est assis à côté de moi, pour me montrer des photos de la création. Son ordinateur n’avait plus que 8 minutes d’autonomie, nous nous serrions l’un contre l’autre, je jurerais que nous nous serrions. Enfin c’était boulot boulot, il était content que mon journal lui consacre un article. Je sais pourtant qu’il m’a reconnu, à la fin, il m’a tapé la bise, une vraie, les lèvres sur ma joue.


Devine. J’ai pris les billets d’avions et nous partons, mon chéri et moi, le 19 mars, ça ne te dit rien. Merde la grève. Et tu crois qu’ils me l’auraient dit à l'agence. Faut jamais partir un jeudi. Tu ne demandes pas où on part ?


Ça coule un goût de marbre sous la langue, ça coule un béton noir, je me débats pourtant, jusque sur les fonds vaseux du Rhône où je dépose, ma plume.

mercredi 11 février 2009

Tchou - tchou

Il y a toujours un peu ce sentiment qui se vide en moi quand le train, une fois encore, s’éloigne, avec tous ces gens vachement contents dedans. Des romans sont encore publiés par palettes, des grosses bouses et puis aussi, je suppose, une ou deux belles choses. Pas mes romans. Alors je re-questionne ma phrase, mes thèmes, on pourrait imaginer que cela me fera progresser, pourquoi pas, mais surtout c’est une immense douleur, une plainte qui me vient de très loin, le déchirement de ce pacte avec l’enfance, cette promesse, remise en cause, encore. Une plainte qui, décidément, ne cessera jamais.
Oh aller ne fais pas ta malheureuse, me dis-je. C’est un train qui s’en va.

mardi 10 février 2009

La petite fille

"Y'a une petite fille, y'a une petite fille, là. C'est normal ? C'est une petite fille ? Elle est où ? Y'avait une petite fille ?"

vendredi 6 février 2009

Un inconnu, place Louis Pradel

De l’amour de l’amour ! Du à prodiguer bien sûr, du qui coule sur moi telle une eau claire, du qui étanche, par les pores, mes soifs torpides et des culs nus dans un lit, des sourires béats, bêtes à pleurer, de l’amour, de l’amour !


Dans la rue je croise une vision de ce petit matin rêvé. Je me love quelque seconde en l’interstice, en la faille spatiale que la beauté des garçons sait produire, à tout instant, annihilant les distances, comme une invitation. A l’amour, à l’amour. Sous l’averse, je m’immobilise. Les pieds froids, place Louis Pradel, je sers contre moi, sous son sachet plastique, le livre que je viens d’acheter. Je ne le lirais probablement pas, pourtant je suis très heureux de l’avoir avec moi. Les chaussures blanches de ce jeune homme, avec des bandes velcros, j’en ai essayé du même genre l’autre jour, pas chères, moins cinquante pourcent. Un peu too much. Les jambes bleues de ses jean’s tombent super bien sur ses pieds, c’est un garçon bien fait. Je le suis jusque sous les grandes arches noires de l'Opéra. L’eau s’insinue en moi, je vais feuilleter mon livre dans le métro.

jeudi 5 février 2009

Séverine, rue Pierre Blanc

Je l’avais vue dans La Ménagerie de verre, je crois. Elle y était splendide, je ne me rappelle plus bien de la pièce, je me souviens en revanche de Séverine. Les cheveux de jais courts et à peine coiffés, les petites lunettes rondes. Une robe rose, peut-être. Elle écrasait tout et tous, et pourtant légère, aussi, planait sur nos admirations, brûlait dans nos prunelles. Je la regardais, je la désirais voire entière, sa peau, ses seins. J’avais applaudi à m’en peler les doigts, ah, je lui étais reconnaissant. A cause de La Ménagerie de verre et parce qu’elle me démontrait que je pouvais désirer une femme. Elle, Séverine, nulle autre.

Je l’apercevais ensuite au jardin des plantes, cette grande pelouse en pente sur la Croix-Rousse, qui dégringole vers la mairie d’arrondissement. Avec son môme, elle goûtait un joli jour de mai. J’avais alors préféré opérer un long détour, pour ne pas avoir à supporter le feu qu’elle allumait en moi.

Mai, je suis allé voir une autre pièce de Tennessee Williams, laquelle ? Cela m’échappe. J’ai invité un copain, je n’avais pas été prévenu, la représentation était reportée.

Le petit Théâtre de la rue Pierre Blanc est un ancien commerce, transformé pour accueillir une petite centaine de personnes, je crois. La devanture de la boulangerie, depuis 10 ans, est intacte, occultée par de lourds tissus marrons. J’essaye en vain d’ouvrir la porte et je commence à m’alarmer de ce que nulle queue, devant elle, ne se forme. J’essaie à nouveau et même je trouve une sonnerie et j’appuie, drinnng. Soudain, un rideau se soulève, la porte s’ouvre et… C’est elle, Séverine, à quelques centimètres de moi, elle nous informe, elle semble désolée, s'excuse. Je trouve à lui bredouiller que ce n’est rien et, d’une sèche virevolte, lui tourne le dos. Mon ami prononce un au revoir plus joyeux, nous reviendrons la semaine prochaine, annonce-t-il. Je ne la regarde plus, je fuis, je cherche une respiration. Le témoignage amusé de mon ami sera dès lors des plus précieux, ma déroute une bonne histoire à raconter partout.

Le monde entier ne saurait se douter que je ne désire, sauf exception, que les garçons.

lundi 2 février 2009

Citation

"Le désert que j'étais, j'eusse voulu le peupler de mots"

Pierre Michon,
in Vies minuscules (folio)