mercredi 23 décembre 2009

Pretty vacant ?

Mamie, tu vois, n'a pas toujours été vieille. Et le sexe, garçon, elle sait ce que c'est, enfin quoi, elle en a tant rêvé.

lundi 21 décembre 2009

La dame


C’est une petite dame qui s’occupe des enfants des autres. Qui va les chercher à l’école, les fait goûter sur la table de sa cuisine avant de déballer le cartable, de faire les devoirs. Une vieille dame gentille, aromatisée à la bergamote et au petit brun. Qu’on abandonne peu à peu. Des jours où elle se sent si seule, la voilà qui tchatte avec des hommes de son âge, des plus jeunes, aussi, mais cela fait un moment qu’elle ne se fait plus d’illusion.

Les hommes aiment le sexe.

vendredi 18 décembre 2009

Bull eye, Dubaï, L'avenue des grandes tours (7)




Cela peut paraître presque avant-gardiste, cette métropole moderne, et c'est vrai que l'architecture de verre et de béton, les hauteurs hallucinantes atteintes par les tours de Dubaï (Burj Dubaï est haute exactement de 818 m), la qualité évidente de certains ouvrages, sont fascinantes, bouleversantes. Le sentiment d'être à l'endroit ou l'on construit les Pyramides, ou le château de Versailles, avec ce que cela comporte de grandiose, de vanité, d'exploitation. Mais Dubaï est pensée pour l'automobile, dans une société ultra dépensière, qui n'économise jamais le moindre mètre cube de pétrole. C'est une mélancolie arabe, le début d'un poème arabe, et c'est peut-être la proximité du désert de sable... j'ai quant à moi toujours eu à l'esprit, pendant ma promenade asiatique, la prescience des ruines magnifiques que seront ces tours. Dubaï est-elle déjà une ville du passé ?

jeudi 17 décembre 2009

Bourge Dubaï (suite)


Outre les balades dans le désert, il n’y a pas grand’ chose à faire à Dubaï. Si, les courses. Les Malls ici rivalisent de gigantisme, les boutiques occidentales succèdent aux boutiques occidentales, tu comprends instantanément le capitalisme mondialisé. Ah oui, et tu vas faire un peu de ski dans le plus gros frigo du monde. Tu frimes un peu, sur la piste, qui n’est pas si ridicule que cela, une bleue, je dirais. Tu lis avec ébahissement le slogan de Shell, en plein milieu de la piste, visible depuis le téléski. Il fait 28 degrés dehors, c’est l’hiver, il fait plutôt 45 pendant l’été, et 3 degrés en permanence dans le frigo. Shell préserve l’environnement (en substance et en anglais). Bon puis tu vas lécher quelques vitrines, coutume locale. Ça circule bien, dans les longues avenues claires de l’un des plus grands centres commerciaux du monde. J’ai pu lire que les minijupes côtoyaient les abayas noirs (les voiles), ce n’est qu’un raccourci de journaliste. Disons que les occidentaux sont habillés comme des occidentaux et, chose remarquable, exploit presque sportif, croisent et ne rencontrent jamais les autochtones. Les abayas noirs sont de magnifiques étoffes aux plis délicats, brodées de discrets motifs dorés, et les jeunes femmes ont des chaussures éclatantes, scintillantes, même, pas du tout assorties, qui dépassent, régulièrement, de l’ombre où elles se cachent. Les garçons pourraient être jolis, sous leur robe, mais il vaut peut-être mieux éviter de les regarder avec trop d’insistance. L’homosexualité, à Dubaï, n’est pas un délit, c’est un crime. Avant de prendre l’avion, tu as entendu parler de ce garçon de 15 ans, violé par deux émiratis et qui a failli être emprisonné pour homosexualité. Un scandale, le médecin arabe, puis les policiers, ont cherché à faire avouer au gamin qu’il était homo, ce qui en aurait fait le principal prévenu au procès qui allait suivre, puisque la "passivité", en la matière, est jugée beaucoup plus grave que "l'activité"*. Bon évidemment, petit pédé, ça doit vouloir dire que tu n'es pas bienvenu dans le coin. Résultat, si tu vas à H et M ou chez Dior Homme, ne compte pas sur le vendeur efféminé pour te dire si ça te va bien, et puis en plus, les prix sont à peu près les mêmes qu’en France, donc, laisse tomber les achats de vêtement. Ah sinon, il y a les boutiques de tissus arabes, les luminaires marocains, les meubles en bois précieux, de jolis objets, mais il faut avoir les moyens, c’est toujours pareil. En faits, les bons moments de ta journée, ce sont le petit tour à la plage ou tu ne fais surtout aucun bisou ni à ta femme ni à ton mec, c’est indécent si tu es hétéro, passible d’emprisonnement si tu es homo, mais l’eau est bonne, claire, bleue. Le paysage côtier lointain, dans un brouillard de soleil blême, est une plantation de tours, et Burj Al Arab, l’hallucinant hôtel, symbole de Dubaï, semble déployer sa grand’ voile sur l’eau calme du golfe. Et puis, tu reprends le 4x4, puisque tout se fait en automobile, tu moques les imitations d’immeubles occidentaux, qu’on dirait en carton pâte, tu vomis les espèces de HLM pourris qui fleurissent, notamment sur l’île artificielle de la Palme, Jumeirah, et tu t’ébaudis de ces tours immenses, magnifiques, qui bordent l’avenue principale de la ville.




*Le jugement depuis a eu lieu, les deux violeurs, dont l’un était séropositif, ont été condamnés à 15 ans. La famille n’est pas contente, pour elle, ce n’est pas assez, elle a fait appel, car si le môme n’a pas contracté le virus, il « aurait pu ». Sur ce coup-là, la famille devrait montrer un peu de mesure, les deux hommes risquent la peine de mort.

lundi 14 décembre 2009

samedi 12 décembre 2009

Bull eye, Dubaï, Danse du Ventre (5)



On n'imagine pas la honte qu'éprouve Ouam-Chotte ici au bord de ce tapis. Ou alors on l'imagine, lui, caché derrière son appareil photo, et ce n'est pas aussi drôle qu'on le voudrait.

vendredi 11 décembre 2009

Bourge Dubaï (suite)

« Tu vois on parle de pouvoir d’achat, en France. Eh bien, me confie un expate humaniste, si l’on pouvait payer une jeune pakistanaise à faire le ménage, à s’occuper des enfants, à préparer les repas… au même prix qu’à Dubaï, il y a beaucoup de familles françaises qui en seraient bien soulagées. »

Et le même expate ajoute, devant mon ébahissement :

« En plus, trois cents euros mensuels, pour ces femmes, cela représente beaucoup d’argent, on les loge, hein, parce que quand même on n’est pas des sauvages, et du coup elles peuvent envoyer une bonne part de leur salaire à leurs familles restées au pays. »

mercredi 9 décembre 2009

Bourge Dubaï (suite)

Les expates habitent des quartiers clos. Leurs maisons blanches se recroquevillent autour de jardinets fleuris et d’une piscine qui, me dit-on, n’est pas utilisable l’été, tant il fait chaud. Le petit déjeunée sera classieux, n’en doute pas. Brunch, à l’anglaise, car Dubaï n’est autre qu’une colonie anglaise, il n’y a pas d’autre mot, et les commerces, regroupés en Malls, sont tous occidentaux. Carrouf, plein d’enseignes françaises, Paul pour le pain, Pimkie pour les putes, et des marques anglaises en veux-tu en voilà, par exemple, le petit super marché le plus proche qui ne vend que de la bouffe anglaise – pas toujours aussi dégueu, d’ailleurs, qu’on pourrait le croire. Les émiraties, dans leurs longs pyjamas blancs, lunettes noires, se comportent comme des colons, pleins de morgue, ils sortent de leurs immenses bagnoles, suivis, à quelques mètres, de leur bonne femme, des mômes et des servantes serviles à la peau noire. Celles-ci portent les courses et, surtout, ferment gentiment leur bouche, avec le sourire. Ce qui est frappant, outre la nauséeuse démarche de ces esclavagistes et leur racisme assumé, c’est leur absence totale de fierté, leur soumission au modèle économique européen et, en particulier, anglais. Même entre eux, tu peux le constater, les arabes d’ici ne parlent plus leur langue. Heureusement, cinq fois par jour, le chant du muezzin, amplifié par les plus parfaites sonos du monde, rappelle au touriste où il se trouve.

dimanche 6 décembre 2009

Bourge Dubaï

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L’aeroport de Dubaï est remarquable, immense, et la foule est dense. Des Anglais, des Arabes, des hommes d’affaire, des touristes. Une famille marseillaise qui profite d’une seconde d’inattention pour te doubler dans la queue. Derrière les vitres blindées, les emplois administratifs sont occupés par des arabes, des hommes barbus, en robe blanche, beaucoup de femmes, voilées de noir. Il vaut mieux profiter du bref échange avec eux, parce que tu ne parleras pas avec beaucoup d’émiraties pendant ton séjour, à moins que tu n’aies quelque chose de cher à leur vendre. D’ailleurs, à la douane, ils te parlent peu, avec un bien meilleur anglais que le tien, enfin que le mien, ils hochent la tête. Soupirent. Te mate un instant avec suspicion. Ouate dou you dou in Dubaï, biznèce or tourisme ? Et ciao, tu es dehors, juste après la boutique de vin en duty free. Les français de Dubaï, normalement, auront pensé à te demander d’acheter un maximum de bouteilles au passage, alors tu te traînes les flacons commandés, ta valise et, bon dieu, ton intense curiosité.
La chaleur te plait pas mal, tu sors de ton hiver européen et là il fait 27 degrés à l’ombre. Le real Madrid est en visite dans le coin, et puis Chelsea, le Milan AC, Manchester United, Barcelone… c’est obligé, parce que sur le parking, tu ne dénombres pas une clio, pas une smart. Quant aux 4x4 BMW, Mercedes, aux Jaguars, impossible d'en faire le compte. Il y a deux ou trois Ferrari, tout de même. Et pour toi, un gros Toyota de location, avec ton hôte dedans.
Première visite. Je te préviens, tu en prends plein les yeux, dans ce désert, les arabes n’ont pas fait pousser de céréales, pas trop, ne se sont pas non plus spécialisés dans la culture du riz. Dubaï est un gigantesque champ de grues.

vendredi 4 décembre 2009

Bull eye, Dubaï, Bourge Dubaï (2)



Aujourd'hui, Burj Dubaï ("Fierté de Dubaï") est haute de près de 800 mètres, à l'époque, seulement 550.

mardi 1 décembre 2009

Le peuple de l'herbe, Le peuple, de l'herbe

Concert Vendredi soir aux Subsistances, aller, celui-là, je l’ai vu – et entendu, j’essaie d’en parler, l’exercice n’est pas habituel pour ouam. Le peuple de l’herbe se produit pour un public restreint, je suis invité et je connais ma chance. Leur nouvel album, Tilt, sort maintenant. Et c’est bien toujours le peuple, avec, depuis le dernier album déjà, une basse plus présente, plus grosse. Spagg est en fond de scène, tantôt stoïque, ironique, il donne un son hard core, mais pas si méchant, faut pas croire, cet homme est un doux. Il est aligné sur le batteur, Psychostick, à l’origine, peut-être, du métissage rock de la formation hip hopienne, et qu’on trouverait, lui, presque discret, tant le spectacle des toasters est ébouriffant. Je les avais aperçus aux Nuits Sonores, il y a deux ou trois ans, ou quatre, je ne sais combien de milliers de personnes, alors, hurlaient leur plaisir. Cette nuit-là, j’étais parti avant la fin, j’avais cru étouffer. Ce groupe, c’est de l’énergie. N’Zeng, Sir Jean, JC 001 se passent le mot, de morceau en morceau, interpelant le peuple, je veux dire les spectateurs, les bras levés comme pour soutenir une clameur : « Le peuple, de l’herbe, le peuple, de l’herbe… » N’Zeng joue ses airs lents de trompette, habille de jazz les grandioses mappes de son que sait distiller l'excellent DJ Pee, la machine à tubes fonctionne à plein et, merde, quand même, il y a de beaux garçons sur cette scène, faudra que quelqu'un le dise - ben tiens, Ouam, j'ose. Et ça remue, faut me croire, le public réagit au quart de seconde, jouit, gueule, danse, applaudit. On va entendre Tilt partout, cet hiver, je m’en réjouis, et puis j’irais écouter plein d’autres trucs.