lundi 14 janvier 2013

Mes carnets du Maroc (57)

Trente-cinquième jour
Les jours défilent. J'ai eu plusieurs fois le sentiment qu'ils se traînaient et puis, cette fois, ils fuient. Place de l'Horloge, à l'ombre d'un énorme caoutchouc. Aujourd'hui je pense à Hadrien C, ce n'est pas normal, je ne devrais pas. Il y a quelques jours, un inconnu a demandé à être mon « ami » sur Facebook. J'ai accepté en pensant bizarrement qu'il devait s'agir du garçon rencontré à Tanger.
Je regarde le profil une fois que j'ai accepté l'invitation. Je me rends compte très vite que ce profil vient d'être créé et que les deux ou trois actions de celui qui se cache derrière sont à l'évidence signées Hadrien C. Je lui ai mis un vent, le voilà qui revient avec le printemps. Et aujourd'hui je pense à sa présence physique, qui me manque. Un très joli spécimen, dont l'aura me captiva sur la plage, excitant mon imagination, soudain me parut sans intérêt, fade, en comparaison d'Hadrien C, dont l'idée s'imposa, crue telle une image, aussi brutale qu'un souvenir, bandante et sublime comme son cul. « Les sentiments c'est quelque chose de très profond » a-t-il  bêtement répondu à un « statut » Facebook. Les sentiments, ça sent racine, oserais-je, ça sent même plutôt le moisi. Le désir, qui me semblait si lointain, soudain lance à nouveau ses hyphes dans ma pensée, dans mon ventre. Dans ma pansée. Panser à Hadrien C., il y a quelque chose en moi qui branle, panser à Hadrien C nu, ça s'écroule. Toute construction interne se délite, comme si tout ne pouvait tenir ensemble que si je fais l'amour à Hadrien C. 
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