mardi 31 août 2010

Jeanne Marie

J... hihi... Jeanne. J'ahane. Pffff.

Le souffle soufré pour la femme, 
la jeune dame qui tapine, 
au coin d'un square de garçonnets, 

je me dépose au fond d'un verre,
et je m'écrase, enfin, c'est bien,
la tête molle je ne sens rien

Jeanne s'ennuie, fume un pétard, se traîne dans les rues de Lyon. Elle boit un demi, puis deux, en terrasse. Toujours ce petit air qui s'attarde.

samedi 31 juillet 2010

Jeanne et la Mousse

Mustapha, le trou du cul, qu'a plus de face, qu'un derrière. Un assez beau, mais qu'il écarte, sans cesse, et qu'il frotte sur le nez de qui veut bien lui nettoyer. Jeanne avait bu, voulait qu'il la prenne, voilà, se faire tringler, c'est ce qui la remet au monde, à sa place, tas de chair nouveau né, putain, merde. Elle s'ouvrait, susurrait un poème, d'amour, cherchait à enchanter la Mousse, pour qu'elle s'étende, sur elle, et l'envahisse. Mais son ventre resta vide.

jeudi 8 juillet 2010

Jeanne la poétesse

En rentrant, elle se retrousse les bras, cherche un balai. L'appartement de Jeanne est un fourbis, le lino ne ressemble plus à un parquet, les chaises s'avachissent, au moins autant que les fesses qui voudraient s'y poser. La table de la cuisine n'est qu'un monceau de vaisselle sale et de bouteilles vides. De papiers gras, de lettres inachevées. Ça pue. Des sacs payants, écolos, jonchent le sol. Elle en chope un, lui ouvre grand sa bouche et balaie la table dans un grand foudroiement de verre et d'assiettes. Jeanne est poétesse, elle veut écrire, là, maintenant. Elle dépose deux grands sacs de supermarché écolos plein de vaisselle et de bouteilles sur son palier. Un coup d'éponge, une nappe neuve, qui ne sent absolument pas la lessive, et ça y est, elle écrit.

mardi 29 juin 2010

L'arbre de Jeanne (au parc du Vallon, la Duchère, à Lyon)

Jeanne a de bien jolis atours, un chemisier et des sandales du même gris d’un ciel d’automne, une jupette aussi légère, et colorée, qu’un doux printemps.

Dans le quartier on la connaît, ce qu'on dit d’elle, et de ses cuisses, et de ses cuites.

Mais que sait-elle des ragots, en cette si belle soirée, Jeanne sourit à tout le monde.

Dans le bus 44, tout à l’heure, pour éponger sa cuite matinale, elle s’est gavée de chips au paprika. En claquant les petits paquets pour faire comme des pétards. Et puis de bonbons rouges, roses, multicolores.

Elle a laissé par terre une canette de bière vide qui roulait au gré des soubresauts du voyage, dans l'allée centrale du 44.

Au hasard de ses pérégrinations, elle entre ici, tout à l’heure. Sur son chemin, si long, si loin, les fleurs d'un lilas blanc l'émerveille, elle s'arrête et le sent. Jeanne titube et s’ensorcelle, elle a des grammes dans le sang, mais elle chantonne à présent.

J’ai dans la tête tant d’esprits,
D’âmes cornées, de fêtes mortes,
Qu’un bel été emportera.
Sous la moiteur et les rayons
De fer et d’ambre du soleil
Mon beau platane est tamaris.

...Et sycomore. Pin parasol, baobab, palétuvier. Son beau platane aux feuilles changeantes, comme de larges mains caressant, au-dessus d’elle, l’horizon et la lumière.

Son beau platane, frère des autres, au pied duquel, un instant, elle se console. Jeanne se sent lasse, et sale, et vile, et belle aussi, car Jeanne est jeune, elle pousse encore, comme elle le peut, sur ses deux jambes, et tous les jours. Elle se console, ici, au pied de l’arbre.


jeudi 17 juin 2010

Un bouquin de Serge Rivron avec Nilda Fernandez, Tim et Sim...

Bon ce n'est pas pour dire et puis surtout chut, ne parle pas pour ne rien dire parce que ça, ça c'est le pire. Je suis parti pour écrire, je n'ai pas écrit une ligne. Rien ne m'est venu. Rien. J'ai lu de bons bouquins.

Par exemple, celui de Serge Rivron, Octobre Russe, qu'il a auto-édité. Et je n'arrive pas à écrire un truc valable, ou au moins à peu près lisible, sur ce bouquin. Serge Rivron est un mec un peu spé, si vous voulez mon avis, spé comme spécial, pas spécieux, hein. Il se balade en URSS, euh, non, c'est la Russie, déjà, à l'époque. Il suit un de ses potes metteur en scène qui a des bons plans par là-bas. Pour y jouer le rôle d'administrateur, ce qu'il sait apparemment très bien faire, mais c'est surtout pour lui l'occasion de visiter le pays de Staline, Brejnev et Tchernenko, l'occasion d'un tête à tête avec Lénine et de boire des litres et des litres de bonne vodka. Outre le récit, au jour le jour, de ses pérégrinations, de ses rencontres avec les Russes ou les expat', tout à fait passionnant, Serge Rivron se lâche ici ou là dans de monstrueux et saints moments d'énervement. Le genre de page qui effraye l'éditeur, paraît-il.

"... Pendant que les bambins extraient du coffre les commissions, ils se préparent à jouer le rôle de mari parfait qui allume le barbecue en fredonnant Le temps des cerises, ou cet air de Manu Tchao qui leur fout toujours le feu aux tripes... Putain, ils se disent, il faut absolument que j'écrive quelque chose sur Che Guevarra dans mon bouquin (...) ! et ils alignent les gambas sur la grille même pas nettoyée, mais c'est pas grave parce qu'hier c'était des dorades, Sandriiiiine ! tu penseras à nettoyer la grille après le repas (...) !"

Aaaah que c'est bon, ça soulage, j'adore, je bois du petit lait. Mais attention, le Rivron, quand il est parti, il est parti, il t'en fait deux pages, et c'est à la fois tordant et incisif. 

"Tout bouffis des douze premiers feuillets du brûlot démoniaque qu'ils sont en train d'oser, ils te toisent des grandes hauteurs où ils atteignent, surtout depuis que leur copain Francis qui bosse pour la chronique jazzifère du Monde leur a laissé entendre qu'il n'avait jamais rien lu de meilleur, coco, t'es en plein dans l'actu, faut vraiment que tu finisses, Bataille, Sartre, Camus, Bernanos et la guerre, ça revient en plein au centre des préoccupations du moment (...)"

Ah oui, visés ici, les "institutionnels de la Culture". Mais ailleurs, la police, les politiques...

Donc, un petit conseil, tu cliques ICI, c'est le site de Serge Rivron, et tu cherches un peu, tu dois trouver comment commander Octobre Russe, (auto)édité chez Pluton, un bon moment de lecture.

samedi 29 mai 2010

Festival du Ouam

J'ai été très content d'aller au festival du premier roman de Chambéry. Les écrivains étaient gentils, et en plus ils avaient écrit des livres. Et je suis très content aussi d'avoir dormi à l'Hôtel des Prince près des quatre sans-cul ça m'a rappelé mon enfance avec mes grands-parents qui habitaient pas loin. Ensuite, je suis allé boire des bières avec Estelle et Stéphane et aussi Antoine et j'ai aimé ça. C'était cool. Après j'ai pris le train juste à l'heure, et j'ai fait mon sac. Et me voilà à Saint Julien Molin Molette, c'est le marathon des (h), j'écris, enfin je fais un peu semblant, enfin, en tous cas j'écris des trucs que les enfants ne pourront pas écouter. J'ai tiré une contrainte, une pas super drôle, une image tellement conne que du coup ça m'inspire que des salissures. Mais j'hésite. Le petit prince aux pieds coupés va-t-il enculer Pégase, la Grande Ourse, ou se contentera-t-il de les mater se masturber (avec un gros godemichet, clin d'œil à un rat-kangourou). Moi je dis qu'il faut déjà qu'il monte sur les hauteurs. Les hauteurs. Ah ah.

samedi 22 mai 2010

Ces mots qui me reviennent

La goutte de vin sombre et chaude de ma dignité brûle sans fin dans ma gorge. 

Les remugles écoeurants d'une prime espérance ont le goût bien charmant des passions enfantines, prémices acides et vifs d'une longue gueule de bois.

mercredi 19 mai 2010

Lu sur... euh un site

dans l'idéal cherche MON MEC! avec ki partager... sinon moi bogoss laskar BF bon batard zob de 20 bon cul endurant pour bonne baiz et bon travail du cul


(hihi non mais pardon j'en ris encore, je glousse)

jeudi 13 mai 2010

Tu me fais courir


Oui parce que là je n'en peux plus. Je fatigue. Je n'écris plus. Ne lis plus guère. J'essaie de bosser pour mon patron, quand même. Tout le reste me plombe.

Je sais, je dois écrire un roman, tomber amoureux - la virgule ici dit la concomitance, l'équivalence, l'accumulation. Tout ça. Pas vraiment le choix.

mardi 11 mai 2010

Grèce

La fin des zaricots qui disent. Et les carottes sont cuites et tout. Quelle putain de salade.

samedi 8 mai 2010

Médée moi

Merde et moi ?
M'aider ? Moi ?
Mais des mois...
Mets des moi
Mais d'émoi !

Médée moi.

lundi 3 mai 2010

MHSC 0 - OL 1

Ouais je suis allé au foot. J'ai vu le match dans un café. Montpellier vs Lyon.
J'ai tout vu.
Avec des mauvais trucs dans le ventre. Avec de la merde ? Oui de la merde. J'ai tout vu sauf le but, j'urinais mes bières à ce moment-là. Un but idiot, mais c'est bon, c'est l'O.L. qui l'a mis, j'ai rien à dire. 
Avec des merdes partout dans la tête aussi. Je me dégoûtais.
Après je suis passé chez ma rem, elle a dû s'absenter quelques jours, son frigo est plein et je ne dois surtout pas manger, enfin, pas trop quoi, parce que quand j'ai le bide en vrac, comme ça, et la tête qui bat la mesure depuis deux jours... J'ai bouffé tout ce que j'ai trouvé. 
C'est que je me voulais du mal. Du mal, putain de merde. Je tombe aussi bas dimanche que je me sentais haut jeudi.
J'aurais voulu être amoureux de lui.

jeudi 22 avril 2010

Monstre

Mais oui mon bouchon mon bébé tu les aimeras
Mes caresses
Tu aimeras sentir sur toi
Mon haleine
Tu voudras sur ton ventre
Encore
Mes lèvres
Ma langues
Mes griffes

Je suis laide c'est vrai
Mon enfant mon enfant
Je suis le monstre
Tu sais
De tes cauchemars

Et je vais te manger.

mardi 20 avril 2010

S'pèce d'Engelure


ça se lit bien déjà
comme un roman
oui

un genre
de roman

un genre
d'autofiction
même

un genre
mâle
d'autofiction

avec des morceaux de femmes
dedans

c'est délicieux
ça se déguste
ah oui
qu'est-ce qu'elles
dégustent

mardi 13 avril 2010

Curés les latrines

Ah le Vatican, les curés, ah la religion. Je ne sais quoi écrire, pour commenter le nouveau dérapage d'une de ces... catins cathos pédophiles. Organisés en bande ces gros pères-l'amoral siègent dans des palais catis d'or fin, s'enveloppent le bidon dans leurs précieuses burka décapitées - quand ce n'est pas le regard de verres fumées, violent sans cesse petits garçons, jeunes filles, et s'immiscent en un mot sentencieux dans nos intimités. Avec les religions, toutes homophobes, je voulais pourtant l'apaisement, chacun, en effet, peut vivre dans son monde illusoire, et aussi en société, n'est-ce pas... Mais méfiance, le pape et ses sbires mafieux sont d'ignobles barriques d'excréments ! Attention, ils nous noient dans leur merde. Les curés veulent la guerre, ils l'allument, mais la guerre est en vérité leur vocation ultime. On va recommencer à en bouffer, ce ne sera pas si désagréable, ça nous donnera juste le vague souvenir des trous du cul qu'on baise. Sus les curés, sus les curés. 

vendredi 9 avril 2010

Impro porno

J'en ai le ronron déployé dans la chatte. C'est vrai, je ne peux nier, ma chatte, bouche bée, bouffe un ronron comme un pet. Se le garde au bord des lèvres, fumant, croquant, le digère, l'étale et mâche. Ronronronronron... La roquette s'explose sans bruit, putain, qu'est-ce que c'est ? Y' a quelqu'un ?

samedi 3 avril 2010

Impro du samedi matin

Qui admires-tu, les rencontres, les grands hommes, les femmes. Grandes aussi, ouais, pas de raison. Les amis ?
Non les amis, j'en ai, mais ce ne sont pas eux qui...
Alors ?
Je ne sais pas, non, vraiment.
Personne ?
Je ne vois pas, si, mon patron.
Ah.
Il m'a fait confiance, c'est le premier.
Ah. Tu vois. Une rencontre déterminante. Il y a toujours une rencontre.
Oui, déterminante. Mon premier contrat de travail, à l'âge de 34 ans.
Il était temps.
Bof.
Et du coup, ta vocation.
Non, non, surtout pas. Pas une vocation. Un contrat de travail, un mi-temps.
Oui, mais c'est une rencontre déterminante, quelqu'un qui te fait confiance, pour la première fois.
Ouais. Ouais.
Ton patron.
Mais pas ma vocation.
Non. Pas ta vocation. C'est quoi ta vocation.
Je n'aime pas trop le mot, en faits.
Ta passion.
Encore moins.
Ton hobby.
Pauvre connard.
Si on ne peut plus rigoler.
Pauvre connard.

jeudi 25 mars 2010

Prière à un jeune homme

Du pain, donne-moi du pain
Du pain dopant putatif hâtant le symptôme de merde noire
Du pain putain
Dupe un cerveau primitif / mes gargouilles / les soulage
Du pain, supplique, sans épines

Du pain de campagne et des fleurs