mercredi 23 mars 2011
jeudi 17 mars 2011
Mes nuits sont plus moches que vos vies moches
Mes nuits me rotent, me rejettent, me laissent plus fatigué qu'au soir. Ce matin j'étire mes yeux, tout mon corps grince, en silence, j'ai le souvenir d'un homme malade, oui, malade. Un rêve. J'étais un autre. Un rêve, j'étais un autre. J'étais dans un autre. Je le jugeais. Je ne sais plus ce que je désapprouvais. C'était inacceptable, c'était sexuel, je/autre étais/t puissant, jouissais/t, cherchais/t à jouir. Je sortais de cette torpeur, un instant, je me posais la question mais qui suis-je, l'homme qui jouit même au détriment des autres, l'homme qui préfère sa frustration. Je me sentais tellement mieux dans ma vie moche, que dans cette nuit. Puis-je basculer encore dans cette horreur ? Le cauchemar, cette nuit, me rattrapait. Puis j'ai réussi à l'éteindre. Je me suis levé, épuisé. J'avais une gaule énorme, sans plaisir. J'ai uriné. Je me suis recouché. Et je reprends conscience, là, maintenant. J'ai mal partout. Ma nuit me chie au jour.
samedi 12 mars 2011
PierrO, virtuel
T'es à moi. Tes bras blancs tes mains maigres et longues peuvent s'accrocher, elles le doivent, t'es à moi tu me lacères, l'idée de toi de tes griffes me lacère, dedans, et ça crisse dans mon ventre cristal, je t'attache à moi, à chez moi, t'es à moi. Est-ce que c'est ça, est-ce t'es à moi. Mon désir te fait-il mien, ton désir te fait-il mien. Toi comme réifié par la conjonction de nos désirs. Toi nu. Offert. Cadeau que tu me fais. Tu t'abandonnes à moi. Tu te confies à moi. Je m'abandonnes à toi. Je me laisse entre tes mains. J'accepte ton corps, tout ton corps, la moindre humeur, je te respire, tu es dans ma vie, tu es dedans, et ça crisse tant que tu ne t'accroches pas à moi. Je m'accroche. Je suis à toi. J'te veux m'écris-tu. J'te veux. Mon corps se soulève. Il me commande un lâcher-prise. Est-ce que je me soumets, est-ce que tu me domines, est-ce que je te domine. Mon corps commande une confiance, un abandon. Le plaisir est peut-être ici. Dans cette possibilité de lâcher. Les rênes, la raison qui organise tes mouvements, lâcher les rênes. Et le corps exprime. Exsude. Ressent.
Rendez-vous lundi.
mercredi 9 mars 2011
mercredi 23 février 2011
Retour sur soi
Sur soie. Trame légère et solide.
Un beau garçon qui m'éblouit je le détaille, je suis sidéré
Et toujours il m'échappe.
Je me sens pris
Dans une toile
De dépits
De retards je suis toujours en retard, les ans me sont une camisole
Entre vingt et trente ans, petit, il faut bouger, n'attends jamais, n'attends rien.
Entre vingt et trente ans, petit, il faut bouger, n'attends jamais, n'attends rien.
Quel auteur suis-je, maintenant ?
lundi 21 février 2011
Amaury vole !
L'oiseau cherchait à s'envoler. Il se démenait, il bougeait, ses bras lancés en tous sens semblaient lui échapper, je voyais ses articulations, ses épaules comme démises, ses coudes retournés. Ses seins blancs balançaient. Il prenait son élan, de tout son corps, sa jolie tête elle-même cherchait à imprimer le mouvement. Il s'ébattait. Il avait un air concentré. Il se concentrait, mais avec enthousiasme. Je l'admirais, je ne pouvais faire que ça, l'admirer. J'en étais sidéré. Le plaisir ne venait pas, ou alors il était là, comme une évidence. Amaury se démenait tel un enfant qui apprend à marcher, ou le vélo, tu sais, le môme qui rêvait de faire du vélo, qui s'applique, qui cherche les bons gestes. Amaury vole, vole !
lundi 14 février 2011
mardi 1 février 2011
Feliz Felix
Fortino Samano, photographié par Augustin V. Casasola, quelques minutes avant qu'il ne soit fusillé , en 1913.
La salve a cru effacer à tout jamais le souvenir de Fortino Samano, révolutionnaire membre de l'état-major de Zapata chargé de la fabrication de la monnaie des rebelles. La légende, mensongère, dit de lui "falsificador de moneda", mais rien ne peut effacer la vérité de son sourire devant la mort.
mardi 25 janvier 2011
Théâtre : Éric Massé ose son Macbeth
Une petite critique écrite pour un support papier qui, finalement, ne peut la publier.
ERRATUM : cette critique est disponible dans le ...491 de ce mois !
ERRATUM : cette critique est disponible dans le ...491 de ce mois !
Comment jouer encore du Shakespeare, le problème est souvent rédhibitoire, pour une jeune compagnie. Pas pour Éric Massé, qui s'est ici laissé mené à Macbeth par son désir de metteur en scène, rien que son désir. Et il a eu raison.
(lire la suite dans le ...491)
(ou ICI)
(lire la suite dans le ...491)
(ou ICI)
du 1er au 5 février 2011 au Théâtre des Célestins - Lyon
le 8 février 2011 à Lons-le-Saunier – Scènes du Jura
le 15 février 2011 au Théâtre de Cusset
le 30 mars 2011 au Théâtre d’Oyonnax
vendredi 21 janvier 2011
jeudi 13 janvier 2011
vendredi 7 janvier 2011
Bone âné
je ve vou souété une bone ané pour tous avc plin de bone choz pour vou é pour tou lé jen que tu M. é surtou la santé pour ta famille pa de cancer de merd é pa de sida non plu, je di sa je di rien. é si tu trouv l'amour kil soi for é dou a la foi é lon pour la vi. a oui é kes tu ve pour ton travail, si tu ve la réusite tu laura é sinon tu démisione ta vu la tof il senlèv une épin dan le pié. allé je vou les. é ancore meyer ve.
mardi 4 janvier 2011
dimanche 19 décembre 2010
Jaune
Je n'ai pas les moyens de vivre nu. A la plage, avec le sable fondant sous les pieds, l'eau salée me léchant la peau, le soleil, partout ailleurs.
Il y a bien des contingences qui obligent au mouvement. La faim, la soif. Le froid, dont il faut se protéger. Le soir, surtout.
Alors, la plage, ma nudité, je les quitte.
Dans la ville poisseuse, en revanche, il me faut me vêtir, manger, me loger. Travailler. Je cherche quelque chose, j'erre pour ma survie. Je n'ai pas d'ambition personnelle.
Au noir, dans les rades pourris, les restaurants, je me propose, m'offre. Ça me change de la plage, d'accord.
Les néons sales, je marche dedans, la nuit glisse comme sur une tâche d'huile.
Je nettoie au jet d'eau les vasques entartrées, les carreaux en ruines, j'arrose les virgules, sur les murs des toilettes. Je m'écœure, j'apprends ça, à m'écœurer.
Je commence à repenser à la plage.
Au bord de l'eau. Y survivre. Manger, s'abriter. Je voudrais ouvrir un commerce.
Je pense à mon commerce, en chantonnant, sous l'ampoule, dans ma chambre de la ville poisseuse, après le travail. Il y avait du monde, ce soir, au restaurant. Des gueules cassées, des jolies femmes.
Des galettes de maïs, des oignons frits, de la viande. J'aurais des bières au frais, dans ma cabane au bord de l'eau. Ma peau perdra son teint jaunâtre. Les clients viendront nus chez moi, on discutera. Ma baraque en bois peint, couleur du soleil.
(liens, photos signées Borichenko)
(liens, photos signées Borichenko)
samedi 11 décembre 2010
vendredi 10 décembre 2010
mercredi 8 décembre 2010
jeudi 2 décembre 2010
Propos entendus
Moi ce que je voulais c'est qu'on s'entende tous, qu'il n'y ait plus de guéguerre, euh. Mais c'est dommage, parce que c'est les ouvriers qui ont payé, encore.
On a perdu au tribunal.
Les délégués syndicaux ne sont pas venus. Je ne dis pas qu'ils ont été achetés, mais bon, ils étaient avec nous et aussi avec l'entreprise. Alors l'entreprise a plus à leur offrir. Ils ont été élus, et tout, y'a rien a dire. Sauf qu'ils étaient très remontés, au début, et ils ne sont même pas venus au tribunal. Faut qu'on soit unis, si on n'est pas unis, on n'aura rien, on va perdre.
J'apprends des nouveaux trucs, je suis dans le bâtiment. C'est sympa je suis avec des gamins de 16 ou 17 ans, ça change, c'est sympa. De toute façon je ne sais pas rien faire. Tu travailles pas t'es pas bien. Il y aurait bien des choses à faire à la maison, mais tu travailles pas, t'as plus envie. Et puis qu'est-ce que tu vas faire, t'installer sur le canapé, regarder la télé, non. Faut travailler.
On veut que j'aille à l'école, mais y'a l'âge, quand même. Je ne peux pas me retrouver avec mon neveu qui a 18 ans. Il a 18 ans et j'ai 51. C'est fini pour moi tout ça.
Je regarde la télé, oui, quoi faire d'autre ?
(émission Les pieds sur terre du 2 décembre sur France Culture, Ras les bottes)
samedi 27 novembre 2010
State of shock
The Ex avec le violoncelliste américain Tom Cora... que j'ai vu je ne sais plus trop quand, mais deux mois avant son décès, dans une salle magnifique, le PEZ NER, à Villeurbanne. Un concert sans fumée, car il était déjà gravement malade. State of Shock, en concert, mérite mille fois son nom.
vendredi 26 novembre 2010
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