mardi 10 mai 2011

Le musée (2) (travail en cours)

Ensuite, les deux jeunes filles qui m'avaient maté toute la soirée, on s'était échangé des sourires, ah, c'était agréable, dans un autre bar du quartier, où je vais de temps en temps. Elles, je les ai vidées dans des canopes, les estomacs, les intestins, j'en avais fait de la charpie, je n'ai pas compté les coups de couteau, je m'étais un peu affolé, ce n'était pas une réussite, mais quand on débute.
J'ai cassé leurs cloisons nasales, à l'intérieur du nez, j'ai introduit un crochet de métal chauffé à blanc et j'ai remué, remué dans tous les sens pour broyer le cerveau, puis j'ai mis un tuyau, pour aspirer, et là je n'ai pas trop su quoi faire, alors j'ai aspiré avec la bouche, ça n'a pas très bon goût, mais ça ne venait pas comme ça, j'en ai eu un peu dans la bouche, ce n'était pas très agréable. J'ai introduit du natron maison, j'en ai eu un peu plus. Et après j'ai carrément mis du débouche chiotte, et là tout est parti. Ensuite je les ai bourrées de cire chaude et de paille, leurs yeux vitreux, je les ai énucléés, j'ai tout fait comme c'était dit sur internet.
Je leur murmurais des gentilles paroles, et tout, des genres de prières rituelles, je voulais qu'elles soient comme des coqs en pâte égyptiens.
Alors le sel, ce n'est pas pour le manger, bien sûr. Ce n'est pas bon pour la santé le sel. C'est bon pour le produit, le natron dans lequel les corps doivent baigner un moment, pour la conservation. C'est un peu comme un jambon, le jambon, il est momifié avant d'être mangeable, le cru, je veux dire. Les meilleurs jambons momifiés sont espagnols, c'est une copine qui m'en a ramené de son voyage en Espagne, là-bas on dit Jamon. Je ne suis jamais allé en Espagne, je ne voyage pas. Ce n'est pas que je n'ai pas envie. RRRRamon. C'est que je ne pars pas, c'est tout.

lundi 9 mai 2011

Le musée (1) (travail en cours)

Je n'ai pas de souvenir précis.
A ce moment-là, je n'ai pas d'histoire, moi. À raconter.
Je suis quelqu'un de normal, je crois. C'est abominable, comme je suis normal. Ma journée, le matin, le matin je suis à la Ricorée, c'est depuis que j'ai voulu arrêter le café, ce n'est pas bon, le café, à la santé. Puis je réfléchis, beaucoup. Ça peut donner des palpitations.
Si tu en bois trop, du café.
Je réfléchis beaucoup à ce que je vais faire dans la journée.
Les courses, ce que je vais manger, si je vais courir. J'écris. Du papier, des cahiers, du scotch, des stylos, j'achète des stylos bille et des feutres, ça s'use vite, alors j'aime en avoir d'avance. J'écris ma liste de courses.
Ma liste ? Elle ne change pas, enfin, il y a les jours je n'ai plus de produit, faut ajouter le produit. Le sel, beaucoup de sel, de bicarbonate, des trucs que j'ai lus sur internet, après tu mélanges.
Mais ma liste, ma liste, pourquoi vous vous intéressez à ma liste. Une orange par jour. C'est bon pour la santé les oranges. Du café, avant je mettais du café. De la viande, une fois par semaine. Des légumes pour la soupe, navet, carotte, pomme de terre, poireau, et d'autres légumes encore, comme ça me vient, je ne sais pas, moi, la liste, elle peut changer, c'est pour ça que je la fais chaque jour, et c'est pour ça qu'il me faut réfléchir. Ce n'est pas mauvais pour la santé, de toute façon, réfléchir.
Du chocolat, mais souvent, je ne l'écris pas, ce n'est pas bon pour la santé le chocolat.
Le sel, le bicarbonate ? Ah mais je l'ai dit c'est pour le produit. Je mélange. J'ai besoin du produit, c'est pour mon musée. Je ne sais pas si ça intéresse du monde, mon musée, c'est personnel un musée, c'est comme n'importe qui, on vit, et on garde des souvenirs, moi c'est parce que je n'ai pas de souvenir, alors je fais un musée.
Comme ça, je peux me rappeler, j'ai connu cette personne, j'ai aimé celle-là, d'ailleurs, mon musée me permet d'entretenir le plaisir que j'ai eu à rencontrer les gens. C'est incroyable, ce plaisir-là est incroyable, n'est-ce pas, je n'en ai pas toujours eu conscience. La première fois c'était un jeune homme, jeune, je dis jeune, il avait mon âge, il traînait dans un bar, il m'a invité à boire un dernier verre chez lui. Beau garçon, je crois.
Je l'ai jeté assez vite.
A cause de l'odeur.
Et puis après, un couple. Une belle femme, je crois, et un garçon pas mal. Nus, l'un à côté de l'autre, ils avaient de l'allure.
Mais pour les garder entiers, c'était compliqué, il aurait fallu des vases énormes, alors je n'ai gardé que leurs têtes, dans des aquariums de formol.

mercredi 4 mai 2011

La statue de pierre à Givors

Ceci est un caillou. Caillou gravide d'organes en prurit. En révolte.

Ceci est un caillou. Et c'est aussi Claudio et Yoni.

Ceci est un caillou, de ceux qu'on retrouve au fonds du canal. Cherchez l'organe.

Ceci n'est pas un homme. Deux abandons. Au fonds du canal.

Yoni et Claudio, c'est Hamlet et Ophélie.

Hamlet est mon époux, et moi, je suis Ophélie...
Nymphe au regard de feu, je m'endors, sous les eaux du lac bleu...



mardi 3 mai 2011

Yoni Trouduc, Givors.

Yoni n'a pas accepté la sentence, il s'est énervé. Comme quoi tout ne pouvait pas être de sa faute, il avait pu faire des erreurs, mais bon d'abord il savait bien comment on le surnommait, à l'usine, et c'était pas cool, et sur ce point, j'avoue que c'était pas super super, comme surnom, trouduc, et Yoni, il est monté sur ses grands chevaux, je ne vois pas pourquoi moi je serais un trouduc, pas plus qu'un autre. Ce en quoi, d'après les racontars, enfin, ce que j'en dis, bon, enfin, ça me gêne de le dire, derrière trouduc, il y a quand même des bruits.
« Camarade Yoni», a commencé Claudio, « on en a déjà discuté. Ce n'est pas parce que certaines personnes te traitent que tout le monde te traite. »
Alors je n'ai rien dit mais les camarades de l'atelier, on a souri un peu, parce que c'est Claudio qui lui avait trouvé son surnom, à l'époque. Et Yoni, à croire qu'il en voulait surtout à Claudio, sans qu'on sache pourquoi d'ailleurs, et Claudio, sa belle gueule burinée de vieux syndicaliste, il n'aurait peut-être pas dû l'ouvrir aussi grande. Yoni beuglait dans l'atelier, fallait l'entendre, oui, c'était du racisme, le bureau national serait informé, même au Creusot, avant, il avait sa carte au parti, et il commençait à taper très fort sur l'établi, et à renverser des trucs. La putain de ta mère la putain de ta mère il hurlait, Yoni, et on s'est regardé avec les copains de la cellule, comme quoi on pensait tous la même chose, que c'était pas bien de s'en prendre à la famille.
« Oh, Yoni, c'est bon, arrête ça, a dit Claudio d'un ton autoritaire, tu dois respecter l'outil de travail »
C'est le genre de phrase qui ne peut pas calmer tout à fait un futur chômeur. On lui est tombé dessus, en fin de compte, il a fallu le bastonner, pour qu'il écoute ce qu'on avait à lui dire. C'était évident, de toute manière, il venait d'arriver à l'Atelier, et puis il n'avait pas de gosses à nourrir, c'est lui qui devait s'en aller. On ne le virait pas de gaieté de cœur, Yoni, même si, enfin, c'était trouduc, quoi, pas besoin de faire un dessin, on ne l'aimait pas beaucoup. Il est parti en pleurant, « comme une gonzesse », dira ensuite Claudio, avec un rire que je n'ai pas trouvé très franc. Un rire jaune, quoi. Claudio, qui avait un surnom, lui aussi. Mais il ne sait pas, chut, qu'on l'appelle Claudette.

lundi 2 mai 2011

Les Etats-Unis ont gagné la coupe du monde

jeudi 21 avril 2011

En rire

Je ne suis pas du genre à rire toute la journée, et de moins en moins. De toute façon ce n’est pas un peu ridicule de rire toute la journée ? La vie ce n’est pas drôle, ce sont les films qui sont drôles, d’ailleurs c’est pour ça que je ne vais jamais au cinéma. Ce n’est pas le moment de rire. C’est la crise, alors j’ai raison, je sais que j’ai raison, je ne vais pas rire pendant que le monde s’écroule. Mes actions France Telecom ont baissé de 50 %, les Bouygues de 40, les BNP Paribas je n’en parle même pas, ça vous mettrait le moral dans les chaussettes et ce n’est tout de même pas le but. Alors les fâcheux pourraient avoir le culot de me dire tu as encore des millions en actions. Mais… que vaut le CAC 40 aujourd’hui ? En 2003, sur les conseils d’un bon ami à moi, Bob, j’ai acheté des Ben Laden Construction Group, qui depuis montaient régulièrement, eh bien en l’espace de quelques jours, elles ont perdu tout le bénéfice de 5 ans de cotation. Non, c’est la crise. Saachi et Saachi c’est bien simple, leurs actions sont tellement bas, bientôt je leur devrai du fric. On a beau dire, les pauvres, tout ça, il y en a qui vont perdre leur emploi, c’est vrai, je compatis. Leur emploi de merde, entre nous, et pour gagner quoi, 2000, 3000 € par mois, parfois moins. Imaginons qu’ils subissent deux ans de chômage, en moyenne. Ça fait combien de manque à gagner, 3000 € fois 12 mois fois 2 ans égal 72000 €. 72000 € c’est ce que j’ai perdu en deux secondes, le jour du Crac. On a beau dire, mais c’est nous qui avons le plus souffert. Alors, bien sûr, les fâcheux pourront bien essayer de m’expliquer que j’ai aussi un gros patrimoine, mais c’est que ça s’entretient un mas dans le Lubéron, et faut voir les impôts fonciers qu’on paye. Non, il faut vraiment poser la question, que vaut notre patrimoine aujourd’hui ? Il n’y a pas de quoi rire. Je fais d’ailleurs une tronche de trois pieds de long, c'est-à-dire que les trois pieds c’est un peu comme si je les avais pris dans la figure, je fais la gueule et j’assume. Si, j’ai quand même souvenir d’avoir souri, cet automne. Je me promenais le long de la Saône, j’avais du vague à l’âme, vous savez, le CAC 40. Sur mon chemin de peine, le vent sifflait un air macabre entre les branches ajourées, un crachin gris cherchait à s’immiscer en moi. Le feuillage pourrissant sous mes pas ne craquait plus, comme refusant de témoigner de mon passage, j’avais froid mais ne le sentais guère, je tremblais, le monde, en ce temps là, tremblait. Le sombre glas du capitalisme tonnait. J’aurais pu sauter dans le cours du fleuve, il était noir comme une nuit, celle que je me souhaite. A cet endroit où l’on ne croise, d’habitude, le soir, que quelque pédé en maraude, j’ai vu deux enfants. Ils se battaient avec rage. C’était tellement drôle.

lundi 18 avril 2011

Macbeth par Massé, la critique parue dans le 491

Comment jouer encore du Shakespeare, le problème est souvent rédhibitoire, pour une jeune compagnie. Pas pour Eric Massé, qui s'est ici laissé mener à Macbeth par son désir de metteur en scène, rien que son désir. Et il a eu raison. D'abord, Eric Massé est arrivé à une maturité de style qui lui permet sans doute d'imprimer sa marque, même à un classique aussi monumental. Dès les premiers instants, on reconnaît, pour s'en réjouir, la patte de l'artiste. Un étonnant manège anime toute la première partie de ce sombre Macbeth. C'est une sorte de tourniquet à plusieurs branches, qui introduit à mon goût comme un peu de cirque, dans le jeu des comédiens, obligés de s'adapter au dispositif. Mais il y a le personnage de Macbeth, le jeu extraordinaire de Manuel Vallade et sa présence explosive. Sa diction, très urbaine, ai-je envie de dire, ce ton à la fois tonitruant et traînant, désabusé comme par nature. Il est bien des moments, je l'avoue, ou j'ai vu venir l'ennui, à Valence, lors de la première, et j'ai souvent aussi pu m'ébaudir du charisme épatant de ce comédien, dont le verbe et l'énergie illuminent la scène pendant plus de trois heures : notamment dans quelques scènes formidables, comme la scène de transe avec les sorcières, sur les percussions spectaculaires de la fort gracieuse Yi-Ping Yang. Lors de la première, à Valence, j'ai été témoin du débriefing de Manuel Vallade avec le metteur en scène. Le comédien doutait de plusieurs scènes, il se plaignait de ne pas avoir trouvé le rythme, il disait « ne pas y être ». Et je dois dire qu'il pointait les moments les plus ennuyeux de ce spectacle, précisément ceux qui me posaient problème. Je ne sais si Eric Massé a pris en compte ces remarques, je l'ai entendu rassurer son comédien, c'est vrai que Manuel Vallade est splendide, on ne peut décemment l'incriminer. Quant aux interventions drôlatiques de Xtatic, aka Xavier Picou, extraordinaire slameur qui ne me paru, à aucun moment, ridicule face à la prose du maître, c'est peut-être en nous proposant ses flamboyantes interventions, coupant le rythme et l'atmosphère de la pièce, que le metteur en scène nous a si souvent obligé à nous re-concentrer sur les intrigues... je me suis perdu quelques fois, mais est-ce vraiment la source de mes bâillements ? Bref. Même si son Macbeth manque parfois de rythme, avec son culot, sa belle scénographie, son excellente distribution, Éric Massé a su créer des moments de théâtre assez denses, de belles images sombres et violentes, qui restent.

samedi 16 avril 2011

Flics de pute ! (Travail en cours)

Enculés ! Les flics. Putes ! Ils sont venus, un soir, à plusieurs et la main sur leurs armes, chez moi. Flics de... putes, va ! Ah ça fait les malins avec un flingue et une casquette, espèces de putes ! Ils sont venus ! Chez moi ! Ils ont dit qu'ils avaient des plaintes et qu'ils voulaient m'entendre. Ben ils m'ont entendu, espèces de putes ! Putes ! Salopes ! C'est mes voisins qui se sont plaints, c'est des salopes, mes voisins, sales putes ! Les flics, ils m'ont entendu. J'ai été super sage. Je leur ai dit je suis très fatigué, des fois, mais je n'en veux à personne, sales putes ! Salopes de putes de merde ! Sur le moment j'ai été surpris, je pensais qu'ils allaient m'arrêter, mais non, ils m'ont dit de me calmer, que c'était juste pour m'entendre, que c'était à cause des plaintes des voisins, que je faisais trop de bruit. J'ai su qu'ils ne savaient rien. J'ai dis d'accord, j'ai un musée personnel, je pourrais vous le faire visiter, vous feriez connaissance avec des personnages hauts en couleur, d'accord, le chef il a dit, une autre fois peut-être, et ils sont repartis. Ces fils de putains ! C'est toujours comme ça, personne ne s'intéresse vraiment à ce que l'autre raconte. Aux histoires de l'autre. Après j'ai fait la tronche aux voisins, de quoi ils se mêlent, les voisins dans mon immeuble, espèces de putes ! Des ombres, qui flottent dans les escaliers quand je sors de chez moi. Des effluves de cuisine, pas plus, une brume malodorante, ils n'ont pas d'histoire ces putes, les gens sans histoire ne sont rien, ne pèsent rien, ils flottent, on les aperçoit à peine, et ils disparaissent, et c'est incroyable c'est incroyable d'apprendre ensuite par inadvertance qu'ils existent, d'apprendre ça par les flics.

lundi 4 avril 2011

Ecriture, photographie et homosexualité

Au détour d'une lecture, je trouve un article signé Hervé Guibert, intitulé L'homosexualité. Il dit ce que je me tue à répéter à mes amis qui me demandent pourquoi il y a toujours de l'homosexualité dans mes textes. Je le reproduis ici : 

- La plupart de vos récits suintent l'homosexualité...
- Comment voulez-vous qu'ils ne suintent pas ? Ce n'est pas que je veuille la dissimuler, ni que je veuille la ramener avec arrogance. Mais c'est la moindre des sincérités. Comment voulez-vous parler de photographie sans parler de désir ? Si je masquais mon désir, si je lui ôtais son genre, si je le laissais dans le vague, comme d'autres l'ont fait plus ou moins habilement, j'aurais l'impression d'affaiblir mes récits, de les rendre lâches. Ce n'est même pas une affaire de courage (je ne milite pas), il en va juste de la vérité de l'écriture. Je ne saurais pas vous dire cela plus simplement : l'image est l'essence du désir, et désexualiser l'image, ce serait la réduire à la théorie...

Hervé Guibert in L'image fantôme (éd. de Minuit, 170p, 14 euros)

jeudi 17 mars 2011

Mes nuits sont plus moches que vos vies moches

Mes nuits me rotent, me rejettent, me laissent plus fatigué qu'au soir. Ce matin j'étire mes yeux, tout mon corps grince, en silence, j'ai le souvenir d'un homme malade, oui, malade. Un rêve. J'étais un autre. Un rêve, j'étais un autre. J'étais dans un autre. Je le jugeais. Je ne sais plus ce que je désapprouvais. C'était inacceptable, c'était sexuel, je/autre étais/t puissant, jouissais/t, cherchais/t à jouir. Je sortais de cette torpeur, un instant, je me posais la question mais qui suis-je, l'homme qui jouit même au détriment des autres, l'homme qui préfère sa frustration. Je me sentais tellement mieux dans ma vie moche, que dans cette nuit. Puis-je basculer encore dans cette horreur ? Le cauchemar, cette nuit, me rattrapait. Puis j'ai réussi à l'éteindre. Je me suis levé, épuisé. J'avais une gaule énorme, sans plaisir. J'ai uriné. Je me suis recouché. Et je reprends conscience, là, maintenant. J'ai mal partout. Ma nuit me chie au jour. 

samedi 12 mars 2011

PierrO, virtuel

T'es à moi. Tes bras blancs tes mains maigres et longues peuvent s'accrocher, elles le doivent, t'es à moi tu me lacères, l'idée de toi de tes griffes me lacère, dedans, et ça crisse dans mon ventre cristal, je t'attache à moi, à chez moi, t'es à moi. Est-ce que c'est ça, est-ce t'es à moi. Mon désir te fait-il mien, ton désir te fait-il mien. Toi comme réifié par la conjonction de nos désirs. Toi nu. Offert. Cadeau que tu me fais. Tu t'abandonnes à moi. Tu te confies à moi. Je m'abandonnes à toi. Je me laisse entre tes mains. J'accepte ton corps, tout ton corps, la moindre humeur, je te respire, tu es dans ma vie, tu es dedans, et ça crisse tant que tu ne t'accroches pas à moi. Je m'accroche. Je suis à toi. J'te veux m'écris-tu. J'te veux. Mon corps se soulève. Il me commande un lâcher-prise. Est-ce que je me soumets, est-ce que tu me domines, est-ce que je te domine. Mon corps commande une confiance, un abandon. Le plaisir est peut-être ici. Dans cette possibilité de lâcher. Les rênes, la raison qui organise tes mouvements, lâcher les rênes. Et le corps exprime. Exsude. Ressent. 
Rendez-vous lundi. 

mercredi 23 février 2011

Retour sur soi


Sur soie. Trame légère et solide.

Un beau garçon qui m'éblouit je le détaille, je suis sidéré

Et toujours il m'échappe.

Aujourd'hui, j'erre mais 
Je veux le mouvement mais

Je me sens pris
Dans une toile

De dépits

De retards je suis toujours en retard, les ans me sont une camisole

Entre vingt et trente ans, petit, il faut bouger, n'attends jamais, n'attends rien. 

Quel auteur suis-je, maintenant ?

lundi 21 février 2011

Amaury vole !

L'oiseau cherchait à s'envoler. Il se démenait, il bougeait, ses bras lancés en tous sens semblaient lui échapper, je voyais ses articulations, ses épaules comme démises, ses coudes retournés. Ses seins blancs balançaient. Il prenait son élan, de tout son corps, sa jolie tête elle-même cherchait à imprimer le mouvement. Il s'ébattait. Il avait un air concentré. Il se concentrait, mais avec enthousiasme. Je l'admirais, je ne pouvais faire que ça, l'admirer. J'en étais sidéré. Le plaisir ne venait pas, ou alors il était là, comme une évidence. Amaury se démenait tel un enfant qui apprend à marcher, ou le vélo, tu sais, le môme qui rêvait de faire du vélo, qui s'applique, qui cherche les bons gestes. Amaury vole, vole !

mardi 1 février 2011

Feliz Felix

Fortino Samano, photographié par Augustin V. Casasola, quelques minutes avant qu'il ne soit fusillé , en 1913.
La salve a cru effacer à tout jamais le souvenir de Fortino Samano, révolutionnaire membre de l'état-major de Zapata chargé de la fabrication de la monnaie des rebelles. La légende, mensongère, dit de lui "falsificador de moneda", mais rien ne peut effacer la vérité de son sourire devant la mort.
(photo texte et légendes piquées à 
Didier Daeninckx ici

(et bienvenu au petit Félix Léon Fortino)