jeudi 13 mai 2010

Tu me fais courir


Oui parce que là je n'en peux plus. Je fatigue. Je n'écris plus. Ne lis plus guère. J'essaie de bosser pour mon patron, quand même. Tout le reste me plombe.

Je sais, je dois écrire un roman, tomber amoureux - la virgule ici dit la concomitance, l'équivalence, l'accumulation. Tout ça. Pas vraiment le choix.

mardi 11 mai 2010

Grèce

La fin des zaricots qui disent. Et les carottes sont cuites et tout. Quelle putain de salade.

samedi 8 mai 2010

Médée moi

Merde et moi ?
M'aider ? Moi ?
Mais des mois...
Mets des moi
Mais d'émoi !

Médée moi.

lundi 3 mai 2010

MHSC 0 - OL 1

Ouais je suis allé au foot. J'ai vu le match dans un café. Montpellier vs Lyon.
J'ai tout vu.
Avec des mauvais trucs dans le ventre. Avec de la merde ? Oui de la merde. J'ai tout vu sauf le but, j'urinais mes bières à ce moment-là. Un but idiot, mais c'est bon, c'est l'O.L. qui l'a mis, j'ai rien à dire. 
Avec des merdes partout dans la tête aussi. Je me dégoûtais.
Après je suis passé chez ma rem, elle a dû s'absenter quelques jours, son frigo est plein et je ne dois surtout pas manger, enfin, pas trop quoi, parce que quand j'ai le bide en vrac, comme ça, et la tête qui bat la mesure depuis deux jours... J'ai bouffé tout ce que j'ai trouvé. 
C'est que je me voulais du mal. Du mal, putain de merde. Je tombe aussi bas dimanche que je me sentais haut jeudi.
J'aurais voulu être amoureux de lui.

jeudi 22 avril 2010

Monstre

Mais oui mon bouchon mon bébé tu les aimeras
Mes caresses
Tu aimeras sentir sur toi
Mon haleine
Tu voudras sur ton ventre
Encore
Mes lèvres
Ma langues
Mes griffes

Je suis laide c'est vrai
Mon enfant mon enfant
Je suis le monstre
Tu sais
De tes cauchemars

Et je vais te manger.

mardi 20 avril 2010

S'pèce d'Engelure


ça se lit bien déjà
comme un roman
oui

un genre
de roman

un genre
d'autofiction
même

un genre
mâle
d'autofiction

avec des morceaux de femmes
dedans

c'est délicieux
ça se déguste
ah oui
qu'est-ce qu'elles
dégustent

mardi 13 avril 2010

Curés les latrines

Ah le Vatican, les curés, ah la religion. Je ne sais quoi écrire, pour commenter le nouveau dérapage d'une de ces... catins cathos pédophiles. Organisés en bande ces gros pères-l'amoral siègent dans des palais catis d'or fin, s'enveloppent le bidon dans leurs précieuses burka décapitées - quand ce n'est pas le regard de verres fumées, violent sans cesse petits garçons, jeunes filles, et s'immiscent en un mot sentencieux dans nos intimités. Avec les religions, toutes homophobes, je voulais pourtant l'apaisement, chacun, en effet, peut vivre dans son monde illusoire, et aussi en société, n'est-ce pas... Mais méfiance, le pape et ses sbires mafieux sont d'ignobles barriques d'excréments ! Attention, ils nous noient dans leur merde. Les curés veulent la guerre, ils l'allument, mais la guerre est en vérité leur vocation ultime. On va recommencer à en bouffer, ce ne sera pas si désagréable, ça nous donnera juste le vague souvenir des trous du cul qu'on baise. Sus les curés, sus les curés. 

vendredi 9 avril 2010

Impro porno

J'en ai le ronron déployé dans la chatte. C'est vrai, je ne peux nier, ma chatte, bouche bée, bouffe un ronron comme un pet. Se le garde au bord des lèvres, fumant, croquant, le digère, l'étale et mâche. Ronronronronron... La roquette s'explose sans bruit, putain, qu'est-ce que c'est ? Y' a quelqu'un ?

samedi 3 avril 2010

Impro du samedi matin

Qui admires-tu, les rencontres, les grands hommes, les femmes. Grandes aussi, ouais, pas de raison. Les amis ?
Non les amis, j'en ai, mais ce ne sont pas eux qui...
Alors ?
Je ne sais pas, non, vraiment.
Personne ?
Je ne vois pas, si, mon patron.
Ah.
Il m'a fait confiance, c'est le premier.
Ah. Tu vois. Une rencontre déterminante. Il y a toujours une rencontre.
Oui, déterminante. Mon premier contrat de travail, à l'âge de 34 ans.
Il était temps.
Bof.
Et du coup, ta vocation.
Non, non, surtout pas. Pas une vocation. Un contrat de travail, un mi-temps.
Oui, mais c'est une rencontre déterminante, quelqu'un qui te fait confiance, pour la première fois.
Ouais. Ouais.
Ton patron.
Mais pas ma vocation.
Non. Pas ta vocation. C'est quoi ta vocation.
Je n'aime pas trop le mot, en faits.
Ta passion.
Encore moins.
Ton hobby.
Pauvre connard.
Si on ne peut plus rigoler.
Pauvre connard.

jeudi 25 mars 2010

Prière à un jeune homme

Du pain, donne-moi du pain
Du pain dopant putatif hâtant le symptôme de merde noire
Du pain putain
Dupe un cerveau primitif / mes gargouilles / les soulage
Du pain, supplique, sans épines

Du pain de campagne et des fleurs

lundi 22 mars 2010

La fleur de l'âge

D'abord les pétales du haut. Un à un. Puis la jupe, les bas, la culotte. La peau est lourde, comme détachée des muscles et les muscles sont lourds, aussi, fins, mais lourds. Elle se voit dans l'émaille de sa baignoire. Qui s'emplit d'eau chaude. Les os ronds. Le nombril s'affaissant. Le sexe froid, entrouvert. Timide elle introduit un doigt, puis deux, n'en espère rien, dans la fente entrebâillée. Comment imaginer que ce millefeuille rose. Était une porte.

lundi 15 mars 2010

La douleur

"J'ai percé la peau, l'ai creusée, tatouée de runes et je me suis accroupie, j'ai baissé ma culotte et j'ai pissé sur la plaie. La plaie du monde, la terre de mon jardin. J'ai appelé l'esprit absent, traîné mes fesses dans la boue, piaulant tel un crime. J'ai voulu exprimer au monde, en le souillant, toute mon horreur. Mon horreur. Je veux bien mourir."

mercredi 10 mars 2010

Au jardin

La terre est dure aujourd'hui. Froide et dure. Mon persil s'effondre, il a tenu tout l'hiver, il s'effondre au pied du figuier, tu as vu. Oui, c'est un figuier, tu mangeras ses fruits, cet été, plus qu'il n'en faut. En septembre, quand elles tombent.
Qu'est-ce que tu fais pendant les grandes vacances, tu sais déjà ? Tu vas à la mer ? Tu n'allais pas plutôt en Bretagne, toi, les années précédentes, oui, c'est la Bretagne. Donc c'est l'océan, pas la mer. L'océan, c'est plus grand, il y a des vagues, la mer c'est la méditerranée, ce n'est pas pareil. La méditerranée, elle est bleue, et puis c'est le chemin vers l'Afrique, tu prends le bateau à Marseille. T'as jamais pris le bateau, toi. Si ?
Viens on rentre, ici, c'est pas l'Afrique.
J'ai hâte, petit, tu sais. D'aller creuser la terre de mon jardin. Mais non, morveux, je n'y ai pas caché de trésor, ou, enfin... Qu'est-ce qui te fait penser ça.

lundi 8 mars 2010

La fin de l'école

La main osseuse, les veines bleues gonflées, la chair absente, la chair. Surprenant, cette main, qui bouge, l'index noueux, l'ongle sec et blême. La main de la dame se referme sur la poignée du cartable. Le petit garçon reste interdit. Le croissant lui laisse du beurre sur les lèvres. La dame sourit. 
"Tu as pris ton cahier de maths ?"
Il secoue la tête, lâche une miette et, ça y est, il commence à parler. Le petit bonhomme est vert, on traverse. La foule des enfants s'étiole, il y a des parents partout dans les rues. Mamie passe devant la brasserie des écoles, elle y reconnait deux ou trois vieux, pathétiques, seuls avec leur théière blanche. L'œil lunaire, lorgnant les petites silhouettes joyeuses, craignant leur joie et la désirant plus que tout. Tiens, et si elle lui offrait un diabolo, au môme. Il continuera à raconter ses vacances. Elle boira une bière.

lundi 1 mars 2010

Mamie fait son marché

Mamie se dirige vers le boulevard, elle traîne un cabas en toile de jute. Sur la place de la Croix-Rousse, elle s'arrête. Les enfants piaillent autour du carrousel, c'est dimanche, la fin du marché. Le petit soleil éclot, perce nuage, mamie est en gilet, silencieuse, patiente. Deux petits garçons se disputent au pied de la statue de Joseph-Marie, ils s'arrachent les vêtements, se griffent, tombent à terre, mamie n'en perd pas une miette, et c'est une espèce de clochard juste sorti de l'hiver, grisé, recouvert de pulls et de vestes, qui les sépare. D'une voix jeune, claire, l'homme demande un peu de savoir vivre, enfin, vous n'avez pas honte. Demain soir, mamie doit faire réviser la numération à l'un d'eux. Celui qui avait le dessus, dans cette jolie rixe, celui qui a la joue striée, marquée par les doigts de son camarade, pas celui qui aura une grosse bosse sur le crâne. Notre dame se fait discrète, se cache derrière le manège et les admire, encore, entre les oreilles d'un cheval de bois ou sous le ventre d'une baleine volante. Les deux mômes se regardent de biais, avec de la haine, et elle, elle s'énamoure. Ce petit gars, décidément, a bien des ressources. 
Le spectacle écœurant d'une maman et d'un papa ébaudis détournent son regard. Ils portent une fillette en larmes jusque sur un vaisseau spatial, elle a déjà essayé le bus, la voiture dingo, mais ce qu'elle voulait, elle, c'est le vaisseau spatial. Elle hurle alors même qu'elle obtient ce troisième tour, sans doute prépare-t-elle un autre caprice. Mamie s'éloigne, jette un œil vers la statue. Son petit gars a disparu. Ne reste que le petit loser, qui se frotte le cuir chevelu en chougnant. Elle shoote un petit caillou, l'envoie valdinguer dans les roues d'une voiture. Et va faire la fin du marché, comme prévu.

lundi 22 février 2010

Mamie en vacances

Les vacances. Pour la dame aux pas feutrés, dont l'appartement n'est alors plus décoré que des photos de ses disparus, de quelques scories de noël qu'elle ne peut se résoudre à nettoyer, les vacances scolaires sont de longs tunnels de solitude. Elle n'attend plus la sortie de l'école, ce moment où elle a enfin un enfant, quelques heures, pour le goûter, les devoirs. Qui pourrait-elle attendre. Sur l'internet, elle contacte des jeunes hommes qui ne sont pas toujours très affables, avec les vieilles. Elle a eu l'opportunité de rencontrer l'un d'eux, un beau jeune homme, timide, dont les baisers fougueux, encore, la hante. Il tremblait entre ses bras, se lovait contre elle. En voilà un qu'elle croyait avoir un peu pour elle, le temps des vacances, il avait jouit si fort, sur son nez. Mais il tergiverse, maintenant. Elle ne se fait pas d'illusion. Elle doit rester seule, parmi ses chers disparus. Elle tricote, révise la numération, lit un livre jeunesse. Se rend à la Brasserie des Écoles, après la boulangerie et le marchand de journaux. Repère un enfant, lui sourit. Commande un thé russe, déballe une tarte au citron. Et attend.

mardi 9 février 2010

Tuer le garçon

Au bord de la fenêtre, encore, et guettant sur cet écran le signe d'une présence, notre dame suspend son tricot rouge.

Rouge, son tricot.

Il neige et gèle, à Lyon. Des milliards de petits nuages tombent et s'accumulent sur le trottoir, sous sa fenêtre, qu'elle ouvre en grand. Le goût de l'air froid.

Et sur la peau blanche inviolée, enfin, la tâche rouge, jetée. Elle croit ainsi se débarrasser du garçon.

Rouge, la tâche est rouge, sous l'aiguille enfoncée dans la neige.

mercredi 3 février 2010

Oh Dieu le garçon

Mamie prie, elle marmonne, dans la barbe qu'elle ne pense pas toujours à raser. Le dieu arachnéen qu'elle imagine chie une toile gigantesque et, surtout, depuis le cœur ionique, métallique, de son réseau, guette ses proies. Oh dieu ne t'acharne pas sur la pauvre dame qui te supplie. Ne la dévore pas tout de suite. Ne la digère pas. Mamie, prise, prie, marmonne et tricote. Un pull-over. Pour le garçon de l'internet. Eh petit frère, me répondras-tu, me feras-tu cet honneur, ce plaisir, ce réconfort d'un échange ? Un pull-over rouge, nous aimons le rouge, n'est-ce pas, c'est un de nos points communs. Eh petit frère, qu'aimerais-tu manger, je peux lui faire à manger, qu'est-ce qui te ferait plaisir. Du poisson avec du riz, c'est ça, c'est ce qu'il a dit, elle se rappelle, enfin, elle croit se rappeler, en réajustant sa robe de laine sur ses lourdes mamelles, et puis la bretelle de son soutien-gorge, qui avait glissée. Ses mamelles, si pesantes qu'elle ne peut se résoudre à les porter tout le temps, toute seule. Oh dieu, ne réduis pas encore cette flamme que tu as allumée. Je te fantasme, petit frère, dans mon lit, à ma table ou sur l'écran et c'est ce qui est léger, qui m'allège. Je veux croire un peu en la tendresse. Et le dieu qu'elle implore, Mamie, au coin de sa fenêtre, ce dieu est comme les autres, il ne répond pas.

vendredi 29 janvier 2010

Mamie blues

Oh Mamie, que ton cœur usé par les tendresses accueille enfin le peu de joie qu'on lui offre. Mamie, ne perds rien de ce sourire photogénique qui orne tes profils internet. Tu le sais, hein, la nostalgie, la tristesse, le malheur ne réussissent qu'à éloigner les garçons. Ils se font d'ailleurs souvent violence eux-mêmes, Mamie, leurs muscles s'arrondissent au besoin, ils se tendent, se crispent, soufflent fort et jamais ne montrent, autrement qu'avec une excessive bonne humeur, leur intime douleur. Tu fais de même, tu tchattes avec humour, lol, multipliant les gentillesses ;), d'ailleurs tu le sais bien, les garçons veulent qu'on leur dise, s'ils sont beaux :$. Toi tu fais le gros dos, tu n'es plus bien jolie, à vrai dire, alors tu n'attends rien de tel. Les garçons sont des goujats.

mardi 26 janvier 2010

Mamie tchatte

La dame tchatte avec un garçon, chaque jour, vers 20 h, elle loupe le journal à cause de ça. Elle boit une tisane au miel. C'est un beau garçon, qui a laissé une jolie image, la photo de son dos, ses fesses, sur le site. En rougissant, dit-il. Et puis des photos de son visage, qui est si doux.
"Je suis allé voir une expo je suis super fatigué.
- Je comprends, petit frère, et elle était bien cette expo ?
- Bof, j'ai trouvé un peu sommaire."
Mamie croit que son sourire se voit dans ce qu'elle écrit. Mais il se voit, d'ailleurs, il suffit d'être attentif.
"Raconte, tu es allé où, au Grand Palais ?
- Oui, c'est assez oppressant.
- Oppressant?
- Oui."
Elle se fait peut-être des idées mais elle croit que ce garçon est gracieux. De la grâce, il a l'air de posséder de la grâce. Ses intérêts pour le théâtre ou la littérature ou les expositions parisiennes sembleraient démontrer chez lui un désir d'élévation, de mouvement. Mais Mamie se souvient que c'est un garçon.
"Et tu y est allé avec ta petite amie ?
- Non, ce n'est pas ça
- Je suis jalouse, j'y serais bien allée avec toi
- Mais on ne se connait pas Mamie"
Voilà. Un instant plus tôt son cœur voltigeait à des hauteurs stupéfiantes, et puis la sécheresse soudaine du garçon la fait chuter. Elle sent physiquement l'impact, le choc sur les tomettes de son salon. Elle chute et ne trouve plus de mot. Comment lui dire, elle n'a pas cherché à le connaître, ce garçon. Est-ce qu'on se connaît un jour, de toute façon. Elle voulait passer l'écran. Rencontrer un homme. Je te fantasme, toi que n'ai pas encore touché. Je te fantasme aussi, eh, petit homme, que j'ai caressé, caressé, que je voudrais caresser encore, longuement, se verra-t-on enfin, me donneras-tu ta nuit ? Ma propre mère est un fantasme, pourtant je la côtoie depuis, euh, je ne vais pas dire mon âge. Ce que nous croyons connaître de l'autre, c'est notre désir qui se projette, je te fantasme fin, joli, je te fantasme doux.
"Tu comprends Mamie, il faut faire la différence entre le virtuel et la réalité.
- Mais, petit frère, il n'y a pas de différence de nature entre la fiction que j'écris à partir des informations que tu me laisses sur la toile et celle que j'écris lorsque tu es dans mes bras. C'est toujours mon imagination qui travaille. Tu n'es toujours, pour moi, qu'un fantasme, un beau fantasme, je t'assure. Qu'est-ce que tu en dis ?
- Il manque le quotidien, les odeurs, la voix, les ronflements.
- Zut, comment tu sais que je ronfle ?
- Dsl, j'ai mis du temps à te répondre, je suis absorbé par la télé, je vais me coucher maintenant. Bisous Mamie."
Bisous.
Et Mamie alors. Se relève. Elle sait qu'il manque la peau. Elle chute. Elle a du sang dans la bouche.

mardi 12 janvier 2010

Du cul Mamie

Des douceurs, mon colon, des douceurs. A foison pour mon con. C'est cela que Mamie pense, c'est cela qu'elle désire. Des douceurs, qu'on ne lui prodigue pas, pas assez.

Le petit gars ouvre son sac, elle le vide.

Le papa vient te chercher et c'est elle qu'il trouve. La vieille, cuisses dures et droites, sourire figé.

Elle le vide.

Le sac. Fait les devoirs.

"Bisous"

héhé.

"Bisous"

Elle se vide mamie de tant de belles images, elle en oublie le rêve, la chimère, l'amour. Et baise.

jeudi 7 janvier 2010

B-a Ba

Mamie cherche dans le cartable du petit garçon.

« Ton stylo, tu as bien un stylo ? »

Le petit garçon dit non, il n’en a pas.

« Comment veux-tu travailler sans stylo, tu as un crayon alors »

Elle regarde partout, et le petit garçon, avec une grimace, dodeline de la tête, non, il n’a pas de stylo, pas de crayon. Mamie souffle un grand coup.

« Bon, va en chercher un dans mon bureau, tu prends celui que tu trouves»


« Mais pourquoi tu as pris ce crayon il n’est pas taillé ? »

Le petit garçon a un regard surpris.

« Ben oui, le principe du crayon, ou du stylo, c’est de s’en servir. Bon je dois avoir un taille crayon quelque part, sort une feuille vierge, ça, je sais que tu en as »


« Mais tu salopes tout, là, mais qu’est-ce que tu es sale. Je ne te demandes même pas de travailler proprement, je voudrais juste pouvoir te lire. Fais un effort. Redresse-toi. Incroyable que tu ne puisses te servir mieux d’un crayon. L’ordinateur, oui, c’est bien l’ordinateur, tu es habile avec une souris, c’est bien. Mais un crayon, quand-même. Et une page vierge, c’est le B-a Ba. »


« Ah, voilà ! Ah oui, oui ! C’est bon, ça. Tu vois quand tu veux. Maintenant tu sais t’en servir, de ton crayon. Ah. Tu me fais plaisir, là. Tiens, je t’embrasse. »

dimanche 3 janvier 2010

Beaux nénés mamie

- g anvi de toi
- pas moi
- tu veu pa mon truc dan ton trou
- non
- tu mouille
- non
- a ton aj mami on a pa l choi
- ah bon
- tu devré etre contant
- mais je suis contente
- allé mami ouv té cuisse
- dis-donc gamin t'es pressé
- jé la bite toute gross
- moui
- ptin mami té lourde anlèv ta chemiz
- tu veux voir mes lolos
- té tété
- ben commence par déballer tes affaires
- oui carés mé couille
- ton cartable je veux dire, on va faire un peu de français d'abord

mercredi 23 décembre 2009

Pretty vacant ?

Mamie, tu vois, n'a pas toujours été vieille. Et le sexe, garçon, elle sait ce que c'est, enfin quoi, elle en a tant rêvé.

lundi 21 décembre 2009

La dame


C’est une petite dame qui s’occupe des enfants des autres. Qui va les chercher à l’école, les fait goûter sur la table de sa cuisine avant de déballer le cartable, de faire les devoirs. Une vieille dame gentille, aromatisée à la bergamote et au petit brun. Qu’on abandonne peu à peu. Des jours où elle se sent si seule, la voilà qui tchatte avec des hommes de son âge, des plus jeunes, aussi, mais cela fait un moment qu’elle ne se fait plus d’illusion.

Les hommes aiment le sexe.

vendredi 18 décembre 2009

Bull eye, Dubaï, L'avenue des grandes tours (7)




Cela peut paraître presque avant-gardiste, cette métropole moderne, et c'est vrai que l'architecture de verre et de béton, les hauteurs hallucinantes atteintes par les tours de Dubaï (Burj Dubaï est haute exactement de 818 m), la qualité évidente de certains ouvrages, sont fascinantes, bouleversantes. Le sentiment d'être à l'endroit ou l'on construit les Pyramides, ou le château de Versailles, avec ce que cela comporte de grandiose, de vanité, d'exploitation. Mais Dubaï est pensée pour l'automobile, dans une société ultra dépensière, qui n'économise jamais le moindre mètre cube de pétrole. C'est une mélancolie arabe, le début d'un poème arabe, et c'est peut-être la proximité du désert de sable... j'ai quant à moi toujours eu à l'esprit, pendant ma promenade asiatique, la prescience des ruines magnifiques que seront ces tours. Dubaï est-elle déjà une ville du passé ?

jeudi 17 décembre 2009

Bourge Dubaï (suite)

Outre les balades dans le désert, il n’y a pas grand’ chose à faire à Dubaï. Si, les courses. Les Mauls ici rivalisent de gigantisme, les boutiques occidentales succèdent aux boutiques occidentales, tu comprends instantanément le capitalisme mondialisé. Ah oui, et tu vas faire un peu de ski dans le plus gros frigo du monde. Tu frimes un peu, sur la piste, qui n’est pas si ridicule que cela, une bleue, je dirais. Tu lis avec ébahissement le slogan de Shell, en plein milieu de la piste, visible depuis le téléski. Il fait 28 degrés dehors, c’est l’hiver, il fait plutôt 45 pendant l’été, et 3 degrés en permanence dans le frigo. Shell préserve l’environnement (en substance et en anglais). Bon puis tu vas lécher quelques vitrines, coutume locale. Ça circule bien, dans les longues avenues claires de l’un des plus grands centres commerciaux du monde. J’ai pu lire que les minijupes côtoyaient les abayas noirs (les voiles), ce n’est qu’un raccourci de journaliste. Disons que les occidentaux sont habillés comme des occidentaux et, chose remarquable, exploit presque sportif, croisent et ne rencontrent jamais les autochtones. Les abayas noirs sont de magnifiques étoffes aux plis délicats, brodées de discrets motifs dorés, et les jeunes femmes ont des chaussures éclatantes, scintillantes, même, pas du tout assorties, qui dépassent, régulièrement, de l’ombre où elles se cachent. Les garçons pourraient être jolis, sous leur robe, mais il vaut peut-être mieux éviter de les regarder avec trop d’insistance. L’homosexualité, à Dubaï, n’est pas un délit, c’est un crime. Avant de prendre l’avion, tu as entendu parler de ce garçon de 15 ans, violé par deux émiraties et qui a failli être emprisonné pour homosexualité. Un scandale, le médecin arabe, puis les policiers, ont cherché à faire avouer au gamin qu’il était homo, ce qui en aurait fait le principal prévenu au procès qui allait suivre. Bon alors, si tu vas à H et M ou chez Dior Homme, ne compte pas sur le vendeur efféminé pour te dire si ça te va bien, et puis en plus, les prix sont à peu près les mêmes qu’en France, donc, on va laisser tomber les achats de vêtement. Ah sinon, il y a les boutiques de tissus arabes, les luminaires marocains, les meubles en bois précieux, de jolis objets, mais il faut avoir les moyens, c’est toujours pareil. En faits, les bons moments de ta journée, ce sont le petit tour à la plage ou tu ne fais surtout aucun bisou ni à ta femme ni à ton mec, c’est indécent si tu es hétéro, passible d’emprisonnement si tu es homo, mais l’eau est bonne, claire, bleue. Le paysage lointain, dans un brouillard de soleil blême, est une plantation de tours, et Burj Al Arab, l’hallucinant hôtel, symbole de Dubaï, semble déployer sa grand’ voile sur l’eau calme du golfe. Et puis, tu reprends le 4x4, puisque tout se fait en automobile, tu moques les imitations d’immeubles occidentaux, qu’on dirait en carton pâte, tu vomis les espèces de HLM pourris qui fleurissent, notamment sur l’île artificielle de la Palme, Jumeirah, et tu t’ébaudis de ces tours immenses, magnifiques, qui bordent l’avenue principale de la ville.

(Le jugement depuis a eu lieu, les deux violeurs, dont l’un était séropositif, ont été condamnés à 15 ans. La famille n’est pas contente, pour elle, ce n’est pas assez, elle a fait appel, car si le môme n’a pas contracté le virus, il « aurait pu ». Sur ce coup-là, la famille devrait montrer un peu de mesure, les deux hommes risquent la peine de mort.)


ort.

lundi 14 décembre 2009

samedi 12 décembre 2009

Bull eye, Dubaï, Danse du Ventre (5)



On n'imagine pas la honte qu'éprouve Ouam-Chotte ici au bord de ce tapis. Ou alors on l'imagine, lui, caché derrière son appareil photo, et ce n'est pas aussi drôle qu'on le voudrait.

vendredi 11 décembre 2009

Bourge Dubaï (suite)

« Tu vois on parle de pouvoir d’achat, en France. Eh bien, me confie un expate humaniste, si l’on pouvait payer une jeune pakistanaise à faire le ménage, à s’occuper des enfants, à préparer les repas… au même prix qu’à Dubaï, il y a beaucoup de familles françaises qui en seraient bien soulagées. »

Et le même expate ajoute, devant mon ébahissement :

« En plus, trois cents euros mensuels, pour ces femmes, cela représente beaucoup d’argent, on les loge, hein, parce que quand même on n’est pas des sauvages, et du coup elles peuvent envoyer une bonne part de leur salaire à leurs familles restées au pays. »

mercredi 9 décembre 2009

Bourge Dubaï (suite)

Les expates habitent des quartiers clos. Leurs maisons blanches se recroquevillent autour de jardinets fleuris et d’une piscine qui, me dit-on, n’est pas utilisable l’été, tant il fait chaud. Le petit déjeunée sera classieux, n’en doute pas. Brunch, à l’anglaise, car Dubaï n’est autre qu’une colonie anglaise, il n’y a pas d’autre mot, et les commerces, regroupés en Malls, sont tous occidentaux. Carrouf, plein d’enseignes françaises, Paul pour le pain, Pimkie pour les putes, et des marques anglaises en veux-tu en voilà, par exemple, le petit super marché le plus proche qui ne vend que de la bouffe anglaise – pas toujours aussi dégueu, d’ailleurs, qu’on pourrait le croire. Les émiraties, dans leurs longs pyjamas blancs, lunettes noires, se comportent comme des colons, pleins de morgue, ils sortent de leurs immenses bagnoles, suivis, à quelques mètres, de leur bonne femme, des mômes et des servantes serviles à la peau noire. Celles-ci portent les courses et, surtout, ferment gentiment leur bouche, avec le sourire. Ce qui est frappant, outre la nauséeuse démarche de ces esclavagistes et leur racisme assumé, c’est leur absence totale de fierté, leur soumission au modèle économique européen et, en particulier, anglais. Même entre eux, tu peux le constater, les arabes d’ici ne parlent plus leur langue. Heureusement, cinq fois par jour, le chant du muezzin, amplifié par les plus parfaites sonos du monde, rappelle au touriste où il se trouve.

lundi 7 décembre 2009

dimanche 6 décembre 2009

Bourge Dubaï

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L’aeroport de Dubaï est remarquable, immense, et la foule est dense. Des Anglais, des Arabes, des hommes d’affaire, des touristes. Une famille marseillaise qui profite d’une seconde d’inattention pour te doubler dans la queue. Derrière les vitres blindées, les emplois administratifs sont occupés par des arabes, des hommes barbus, en robe blanche, beaucoup de femmes, voilées de noir. Il vaut mieux profiter du bref échange avec eux, parce que tu ne parleras pas avec beaucoup d’émiraties pendant ton séjour, à moins que tu n’aies quelque chose de cher à leur vendre. D’ailleurs, à la douane, ils te parlent peu, avec un bien meilleur anglais que le tien, enfin que le mien, ils hochent la tête. Soupirent. Te mate un instant avec suspicion. Ouate dou you dou in Dubaï, biznèce or tourisme ? Et ciao, tu es dehors, juste après la boutique de vin en duty free. Les français de Dubaï, normalement, auront pensé à te demander d’acheter un maximum de bouteilles au passage, alors tu te traînes les flacons commandés, ta valise et, bon dieu, ton intense curiosité.
La chaleur te plait pas mal, tu sors de ton hiver européen et là il fait 27 degrés à l’ombre. Le real Madrid est en visite dans le coin, et puis Chelsea, le Milan AC, Manchester United, Barcelone… c’est obligé, parce que sur le parking, tu ne dénombres pas une clio, pas une smart. Quant aux 4x4 BMW, Mercedes, aux Jaguars, impossible d'en faire le compte. Il y a deux ou trois Ferrari, tout de même. Et pour toi, un gros Toyota de location, avec ton hôte dedans.
Première visite. Je te préviens, tu en prends plein les yeux, dans ce désert, les arabes n’ont pas fait pousser de céréales, pas trop, ne se sont pas non plus spécialisés dans la culture du riz. Dubaï est un gigantesque champ de grues.

vendredi 4 décembre 2009

Bull eye, Dubaï, Bourge Dubaï (2)



Aujourd'hui, Burj Dubaï ("Fierté de Dubaï") est haute de près de 800 mètres, à l'époque, seulement 550.

mardi 1 décembre 2009

Le peuple de l'herbe, Le peuple, de l'herbe

Concert Vendredi soir aux Subsistances, aller, celui-là, je l’ai vu – et entendu, j’essaie d’en parler, l’exercice n’est pas habituel pour ouam. Le peuple de l’herbe se produit pour un public restreint, je suis invité et je connais ma chance. Leur nouvel album, Tilt, sort maintenant. Et c’est bien toujours le peuple, avec, depuis le dernier album déjà, une basse plus présente, plus grosse. Spagg est en fond de scène, tantôt stoïque, ironique, il donne un son hard core, mais pas si méchant, faut pas croire, cet homme est un doux. Il est aligné sur le batteur, Psychostick, à l’origine, peut-être, du métissage rock de la formation hip hopienne, et qu’on trouverait, lui, presque discret, tant le spectacle des toasters est ébouriffant. Je les avais aperçus aux Nuits Sonores, il y a deux ou trois ans, ou quatre, je ne sais combien de milliers de personnes, alors, hurlaient leur plaisir. Cette nuit-là, j’étais parti avant la fin, j’avais cru étouffer. Ce groupe, c’est de l’énergie. N’Zeng, Sir Jean, JC 001 se passent le mot, de morceau en morceau, interpelant le peuple, je veux dire les spectateurs, les bras levés comme pour soutenir une clameur : « Le peuple, de l’herbe, le peuple, de l’herbe… » N’Zeng joue ses airs lents de trompette, habille de jazz les grandioses mappes de son que sait distiller l'excellent DJ Pee, la machine à tubes fonctionne à plein et, merde, quand même, il y a de beaux garçons sur cette scène, faudra que quelqu'un le dise - ben tiens, Ouam, j'ose. Et ça remue, faut me croire, le public réagit au quart de seconde, jouit, gueule, danse, applaudit. On va entendre Tilt partout, cet hiver, je m’en réjouis, et puis j’irais écouter plein d’autres trucs.

jeudi 19 novembre 2009

Oxbow, vie de merde

Il est retrouvé sur son trône, la porte grande ouverte. Le rouleau de papier toilette, accroché au mur de droite, est évidé. Ça lui caresse les fesses tellement il a jeté du papier toilette sous lui. Il ne dit rien, respire à peine. Sur le mur de gauche, l’affiche d’Oxbow baille sous sa tête penchée. Un carnet est retrouvé à deux mètres de lui, ouvert, froissé, déchiré. Vide. Quelqu’un décide de le rhabiller. Quelqu’un fait un café pour tout le monde. Quand on aura tiré la chasse d’eau, on remarquera le stylo feutre et même une feuille arrachée au carnet, illisible, flottant comme deux petites merdes un peu dures, entre deux eaux. Les voix humaines ne semblent pas lui parvenir. Son regard est fixe, las. Quelqu’un relève son pantalon, un autre le saisi par les aisselles, il est lourd, on range son sexe. On discute, on essaie de savoir ce qui s’est passé. On le porte jusqu’au salon. Qu’est-ce qui s’est passé ? Quelqu’un demande s’il faut refaire du café. Rien, merde.

Le fantôme dans le métro

mardi 17 novembre 2009

Tout seul

Tu vis tout seul, tu as des amis, beaucoup, ta femme te fait l’amour et tes enfants te sautent dessus, le soir, lorsque tu rentres du boulot. Tes collègues au bureau t’invitent à dîner, te savent aimables. Tu ne te laisses jamais déborder, tu n’acceptes pas qu’on s’installe à proximité, ce n’est pas faute d’aimer, je crois, mais voilà. Tu ne veux pas être débordé, c’est comme si tu te noyais dans l’autre, tu fais des gestes fous, tu souffles, tu cherches à remonter à la surface, à te libérer de l’autre. Tu es violent. Tu donnes le sentiment d’être violent et ta femme a peur de ça. J’ai peur de ça. Tu vas coucher les enfants et après tu bois ton café, mais tout ne se passe pas toujours comme tu veux, un enfant se lève, réclame un verre d’eau, ta femme te demande de l’aider, ou alors c’est un pote qui appelle, alors que toi, tu bois ton café. Je t’appelle. Tu ne réponds pas.

dimanche 15 novembre 2009

Burning Heads, Winter Family, Foire aux skis.

"Ca te dit on boit un coup tout à l'heure je t'appelle"

Oui ça me dit alors je dis oui. J'étais en train de me fringuer pour sortir un peu, fait froid mais bon. Je voulais aller à la foire aux skis, dans un magasin à côté. Maintenant j'hésite un peu plus, je fais un brin de ménage, je me dis que c'est aussi bien, que, de toute façon, il fallait ranger mon bureau. J'attends son coup de fil et il vient. Je veux dire, le coup de fil vient.

"Ah excuse-moi, je sors de la sieste, là, et j'ai ma copine qui m'a appelé, je vais la voir. Ce n'est pas grave, tu ne m'en veux pas ?"

Oui je lui en veux alors je dis non, bien sûr, c’est normal, va voir ta connasse, enfin ta copine, je crois que j’ai dit copine. Je vais à la foire aux skis, il n’y a plus qu’une paire de skating, je n’ai pas l’impression qu’elle est d’un super niveau, et à 50 euros, plus les chaussures à, disons, 150 euros, non, pour cette somme, je peux en louer beaucoup des équipements et de meilleure qualité. Ce qui m’a plombé quand même, c’est cette constance bizarre de ma semaine. Vendredi, j’attends toute la soirée au bar une copine qui ne vient pas. Je l’appelle, pour lui rappeler qu’on doit aller au concert des Burning Heads au Clacson, à Oullins, que c’est elle qui a le permis de conduire et la voiture, elle me raccroche au nez avant même que l’on puisse échanger un mot. Ensuite elle me lance un texto « je suis au concert ». Je réponds « va te faire foutre ». Elle : « t’avais qu’à appeler ». Ok. Je vais jusqu’à la neuvième bière, je crois, et je vais me coucher en grommelant. Le lendemain, je ne veux rien dire, mais j’avais un super plan cul, auquel je renonce de bon cœur. Un pote vient de Paris, je suis content de le voir. Je lui propose Winter Family, au Sonic, à Perrache, il me dit que non, qu’il préfère mon bar où je vais tout le temps, qu’il est là pour me voir et qu’un concert il pense que ce n’est pas propice, on ne se voit pas si souvent, et puis d’abord il n’a pas très envie d’écouter de la musique. Ok, ok, buvons des bières. Pendant ce temps, il échange quelques textos avec eh bien je ne sais qui, enfin, j’ai vite compris. A 23 heures pétantes il se casse. Chez une copine, qui habite à deux minutes. Quant à Ouam, il va jusqu’à la douzième bière, avec un compère de circonstance, un comédien, angliche, mais sympa. Le matin, j’ai un message sur mon répondeur, il faut que je répète à sa mère, au cas où je la rencontre dans la rue, si elle appelle, qui sait, qu’il a couché chez moi. Ce qu’il a toujours refusé ce salopard de merde.

vendredi 13 novembre 2009

Un petit texte pour l'oeil chez Léo

Cher fidèles et moins fidèles lecteurs,
je vous invite à télécharger ce petit texte de trois pages intitulé
Ouvrir l'œil.
Vous m'en direz des nouvelles.

mercredi 11 novembre 2009

Le Voyage (suite)

Surtout quelles odeurs a ce monde. Un fumet à l’image. Les hommes puent. Leurs ruelles empestent. Leurs usines, leurs automobiles. Les hommes suintent, suent, la chair s’avachit, chute, s’éteint, s’habille. Ça pue sous les immeubles de verre ou dans les troquets, dans les prisons ou les écoles. Le Dojo pue. Le jeune moine acidulé, l’enfant ensommeillé, la maraîchère impudique, le marchand de désert. Les hommes sont particules ou bactéries, pourritures. Les hommes pourrissent, sous le ciel, sous les turbans, sous les jupes. Ton odeur est ma maison.

mardi 10 novembre 2009

Une photographie de la chute du mur

J’ai un petit garçon gras la joue collée à la vitre arrière. Un couché de soleil, la route ronronnant sous lui, il s’arrime au sommeil. J’ai ce petit garçon, je peux dire que je suis amoureux de ce petit. Il est en train de se lover dans son rêve. Que rêve-t-il.

Je dois faire de la politique, je dois faire un discours, un grand discours, avec de la belle langue, je jure que je ferais tomber le mur, je veux que la chute du mur soit aussi la disparition des frontières. La France, Mesdames et Messieurs, ne dois plus avoir peur de l’Allemagne, nos peuples sont frères et, d’ailleurs, je propose que la langue allemande soit obligatoire dans toutes les écoles de France et, en contrepartie, le français dans toutes les écoles de la future Allemagne réunifiée.

Puis je ne sais plus bien quels arguments imparables ce petit garçon jetait dans la foule admirative pour satisfaire son fantasme de puissance. La force de son discours s’imposait au monde. Aux américains, aux russes, qui, chacun, pliaient bagages.

J'ai ce petit garçon, il rentre de vacances, il va faire nuit et peut-être, bientôt, la radio diffusera Le masque et la plume, ça va s'engueuler. Il s'écrase dans le sommeil et sur la vitre froide, plus si froide. La belle langue lui inspire de doux rêves.

vendredi 6 novembre 2009

Pornographie à l'iranienne


(un gamin) : "Je t'aime"
(l'autre) : "Moi aussi"
(l'homme à la cagoule verte) : "Tu la sens bien là"
(l'homme à la cagoule bleue) : "Mais vos gueules"

lundi 2 novembre 2009

Le concert d'Electric Electric

(Hazam)

Ouam t'étais où hier espèce d'enfoiré ?


(Ouam)

oh putain j'ai été nul, j'ai cru que j'allais pouvoir embarquer du monde au Sonic alors pour ça je suis allé au Café fait sa broc, enfin je dis ça mais il fallait que j'y aille, récupérer mon panier de trucs bio qui me sert un peu trop souvent de composte, soit dit en passant, bref, alors, je me pointe au broc' et là, qu'est ce que je fais, je bois une bière, puis deux. Coralina me dit ah ouais, peut-être, c'est quoi Electric Electric, je lui dis c'est de la disco pour danser et tout et tout, hu hu, elle ne m'a pas trop cru parce que je lui ai dit en plus y'aura le Haz, bon. Puis elle dit mon mec il bosse encore, il va arriver, après on décidera, moi, ni une ni deux, je bois une seconde bière, offerte par Zingo, très alerte le Zingo, en ce moment. Puis une troisième et c'est là, ou alors non, à la quatrième bière que Xav' arrive, je lui dis ça te branche le Sonic, il me répond, attend, je bois une bière. Là ça devient critique, j'attaque une cinquième bière et je commence à avoir les résolutions qui ramollissent. Je tente une dernière fois, le Xav' n'a pas l'air chaud et la Coralina ben elle est bourrée.

J'ai payé ma tourne et j'ai pensé que j'avais été un peu nul, de ne pas être allé au Sonic.


(Coralina Picos)

bien résumé mec.


(Un certain Lionel)

Haha la vieille embuscade! Mais c'était tout prévu ça! Tu t'es fait avoir comme un bleu! ;)


(Ouam)

Ah ouais comme de la bleusaille militaire de base putain fait chier. Avant je suis allé au Bonheur des ogres, la librairie grande rue de Vaise à Vaise, même que j'ai failli me tromper en entrant chez Sacoches, une autre boutique dans la même rue mais qui ne vend aucun bouquin, des sacs, rien à voir. Ce soir-là, François Beaune venait papoter avec ses lecteurs, et c'est qu'il en a eu le bougre, des lecteurs, alors je me disais je vais me glisser discrétos dans la foule et ben non. Queue d'Al. Il y avait cinq ou six personnes quand j'ai pointé le nez, dont quatre de ma connaissance. Salut les mecs salut ouais, ouais. Comment ça roule, euh, j'arrive trop tard ou quoi. Alors j'ai eu des discussions sympas avec Fred Houdaer et Pierre Evrot, quelques échanges avec François qu'est beau putain et qui a trouvé mon caban bien classe. Puis donc. Alors euh, je suis parti au broc, en chemin j'ai laissé un ou deux messages à Coralina Picos.

La suite, tu la connais.


(Hazam)

tu devrais aller sur twitter voir si j'y suis et t'entrainer à laisser des commentaires moins longs


(Coralina Picos)

ouam il te laisse pas des commentaires, il t'écrit des bouquins.


(Hazam)

et en plus il est insomniaque, quelle idée


(Ouam)

Non mais c’était pour dire, quoi. Je serais bien allé au concert d'Electric Electric.